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se complète sur la frontière Nord de la Lorraine par la
mainmise sur la Sarre moyenne et le Pays messin, et la
construction de la barrière dont je parlais plus haut.
Le xvirr° siècle est la dernière étape royale qui s’opère
en trois temps :
Absorption de la Lorraine;
Régularisation de la frontière par échanges;
Mainmise morale sur l’Électorat de Trèves et le comté
de Sarrebrück, la principauté de la Leyen.
Quand la Révolution éclatera, elle interrompra un admirable
travail méthodique qui nous eût permis de reprendre
pied dans la Mosellane et de franciser toute la vallée de la
Sarre.
Ainsi que mon ami Herly l’a très bien fait ressortir dans
ses études sur le département de la Sarre, c’est contre
ceux qui furent nos meilleurs amis que se tournent les
attaques françaises. Hélas! la passion politique fait trop
souvent commettre bien des fautes.
L’œuvre diplomatique se poursuivait durant ces trois
étapes, à côté d’une autre tout aussi importante et que
le général met parfaitement en lumière : celle de l’assimilation
morale, poursuivie avec méthode et sans trop de
rigidité. Cette assimilation de la Lorraine, est réalisée
grâce au rôle capital joué par les Trois-Évêchés. L’auteur
fait en effet remarquer que :
« Au cours des siècles précédents, la diplomatie prévoyante
de la maison de France s’était toujours victorieusement
opposée en cour de Rome à la constitution
d’un évêché spécial au duché de Lorraine.
« De ce fait, au moment de la réunion des duchés à la
France (Lorraine et Barrois) celle-ci ne se heurtera pas à
un clergé particulariste et indifférent, sinon hostile à sa
cause, mais elle aura à son service le patriotisme éclairé et
l’autorité des évêques de Metz, Toul et Verdun. »
Je crois que les idées essentielles exposées par le général
de Lardemelle eussent gagné en puissance s’il les avait