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devenu si vite un maître, se succèdent. Pour l’aider
dans ses travaux, il a une admirable Égérie : sa femme.
Fort jolie, très accueillante, c’est elle qui allait corriger
ce qu’il y avait de parfois un peu brutal dans les détentes
d’un homme qui était: un cœur d’or, mais mettait son
ambition à ne pas le révéler.
M. Parisot avait le caractère éminemment religieux.
Lui que le sort avait si durement frappé en l’obligeant à
refaire une carrière, ne maudissaïit pas la destinée; mais
très travailleur, il n’aimait pas les importuns ni les bavards.
Grâce à sa femme qui était pour lui la plus prévenante et la
plus dévouée des secrétaires, il put continuer des travaux
que sa haute conscience désirait parfaits.
Il y a quelques années, il rédigea cette histoire de la Lorraine
qui est certes un travail original et curieux. J’avoue
très franchement qu’après une première lecture l’ouvrage
m’étonna.
M. Parisot avait étudié l’histoire lorraine en régionaliste
convaincu. Très patriote, il n’estimait pas pourtant qu’on
devait accepter des thèses agréables sans doute à l’orgueil
national, mais qui ne répondaient peut-être pas tout à
fait aux sentiments des peuples dont on conte les faits et
gestes.
L’auteur de l’histoire lorraine montrait que, sommes
toutes, le sentiment des Lorrains les portaient à l’indépendance,
qu’ils étaient fiers de leurs Ducs, de leurs alliances
impériales, et que Français par la langue et les mœurs, ils
étaient et restaient avant tout Lorrains.
Quand la royauté française prétend les réunir au
royaume de France, ils sont loin d’être satisfaits. C’est du
moins la thèse que M. Parisot avait développée.
J’avoue qu’elle m’avait un peu étonné : j'avais été habitué
à tant entendre parler du haut patriotisme lorrain.
À cette époque, je n’avais pas encore étudié comme je
devais le faire plus tard, l’histoire de l’évolution des frontières
françaises comme tous ceux de ma génération.