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Le 10 nivôse au 11 (janvier 1794) le conseil municipal
fut invité par le Comité du district, à assister à la fête
publique organisée par la société populaire en l’honneur
de la reprise de Toulon. La fête commença par un long
défilé auquel prirent part civils et militaires; des chants
patriotiques furent chantés et on dansa autour de l’arbre
de la liberté. Au soir, sur la place principale, un feu de
joie fut allumé autour duquel le défilé dansa à nouveau
la carmagnole. De la musique et des discours patriotiques
complétèrent la fête.
À la fin de l’année 1793, lorsque la religion chrétienne
fut supprimée et qu’à la place de Dieu, la Raison — plus
tard de nouveau pourtant l’être suprême — régna ici comme
partout; l’esprit des masses fut captivé par les idées les
plus exaltées, et au milieu de ce chaos d’extravagances
eurent lieu bien souvent par la suite différentes sortes de
manifestations ridicules qui devaient exprimer ou représenter
les idées ou les opinions d’une foule en délire. Chez
nous également religion et église furent bientôt délaissées
et qui sait, si l’église même n’avait pas eu quelque valeur
comme temple de la nouvelle, divinité, si le bâtiment n’aurait
pas été également sacrifié à la démence en même temps
que les insignes de la religion et de la foi qui y furent
brisés puis enlevés et brûlés sur la place publique. La
Raison, qui pourtant à ce moment semblait régner aussi
peu que possible, eut aussi son culte et son adoration. Dans
l’église, qui devint son temple, elle trôna sur un autel
élevé et coiffée du bonnet des Jacobins, une croix
brisée à ses pieds, elle reçut les hommages de ses serviteurs
éblouis. Et à l’une des premières décades de l’an II, une
foule extraordinaire de personnes vêtues. de leurs habits
de fête se rendit à son temple. Son apparition dans la
République devait être inaugurée solennellement. La déesse
(représentée ce jour-là par une très belle jeune femme,
Mme T.…….t) fut placée sur une haute estrade et, la musique
militaire et tous les représentants de l’autorité civile