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mois sur l’ordre du représentant du peuple Heintz. Des
instructions strictes furent envoyées aux commandants
des forteresses-frontières du département d’après lesquelles,
en cas de siège éventuel, ils devaient inviter les enfants,
les femmes et les vieillards à quitter la ville, prendre les
mesures nécessaires pour amener les habitants à se ravitailler
pour un certain temps et veiller à ce que les divisions
de pompiers fussent prêtes à toute éventualité. La
police fut confiée aux mains du commandant et ainsi l’état
de guerre général établi.
Et pour venir en aide au pays exposé et menacé de tous
côtés, le comité de salut public élu par la Convention
nationale fit un effort surhumain. Cette noble intention
fut d’ailleurs également appuyée par le peuple avec le plus
joyeux esprit de sacrifice.
Fin novembre des dons volontaires furent levés auxquels
toute la France participa avec un zèle vraiment
républicain. Dans le canton de Sarrelibre 4.099! 18, 5.520
chemises, 2.016 aunes de drap, une masse de vêtements.
d'armes, de munitions, de marchandises, de céréales, etc.
furent rassemblés.
Et pour procurer chaussures, vêtements et munitions
à une armée, destinée à des exploits héroïques, mais qui
était pieds nus, à demi-vêtue, sans armes et munitions,
toute la France se transforma en un immense atelier où
travaillèrent jour et nuit ceux qui ne pouvaient marcher
à l’ennemi.
Dans toutes les villes on travailla aux chaussures et
aux vêtements; dans tous les districts le paysan fut invité
à chercher les endroits d’où l’on pouvait tirer du salpêtre.
En décembre 1793, Nicolas Toussaint, pharmacien et
chimiste et François Hannal, architecte, remirent à la
Convention nationale des propositions d’après lesquelles
tous deux voulaient installer une salpêtrière à ou près
de Sarrelibre. Ils, demandaient dans cette intention les
bâtiments de l’ancien couvent de Frauloutre parce que