lée par l’exécution de la peine infligée au Roi, l’ennemi,
avec une très grande supériorité de forces, se remit en
marche vers la frontière. Mais le danger menaçant éveilla
dans le cœur de tous les Français un enthousiasme héroique.
Chacun se prépara au combat pour la liberté. Dans
notre région se produisirent sans cesse des mouvements de
troupes se rendant aux armées.
Dès le 30 août 1792, l’ordre fut donné de raser les glacis,
d’abattre haies, baraques et arbres dans les jardins autour
de Sarrelouis. On approvisionna la forteresse pour une
garnison de 4.400 hommes et l’on chercha à se procurer
les vivres nécessaires. Des cartouches furent faites et la
poudre amassée.
Le 1e novembre, vers 7 h. 30 du soir, se produisit une
explosion à la suite de laquelle la caserne, située à gauche
à l’entrée de la ville près de la porte française, sauta en
grande partie; deux tonneaux de poudre avait pris feu
par suite de l’imprudence des soldats qui y travaillaient.
Quatre hommes et 13 chevaux furent tués et les maisons
situées dans le voisinage de la caserne fortement endommagées.
Après les batailles de Jemmapes et de Valmy (1) et l’abandon
de la Champagne par les alliés (fin septembre),
Kellermann avec son armée de la Moselle forte de 25.000
hommes avait établi ses cantonnements dans la région
de Sarrelouis et campait pour la plus grande partie sur les
hauteurs du Geisberg près de Listroff. Le 1e" novembre
1792 il reçut l’ordre de se rendre à l’armée des Alpes et le
général Bauzonville lui succéda au commandement le
15 du même mois. Cette armée couvrait les rives de la
Sarre.
L’ennemi était dans le voisinage immédiat de la ville.
A Merzig, Düppenweiler, Haustadt, Diefflen, Nalbach et
Tholey se trouvait le gros des Autrichiens: sous les ordres
(1) Il serait plus juste de placer Valmy avant Jemmapes car Jemmapes
(6 novembre 1792) eut lieu après Valmy (20 septembre 1792).