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taillons et pieds nus, en haillons, à peine pourvus des
armes les plus indispensables, se portèrent en masse vers la
frontière.
Aux défilés de l’Argonne, Dumouriez sauva la France (1).
Les alliés se retirèrent. Mais à Paris on détrôna le roi. La
Convention nationale succéda à la Législative, la royauté
prit fin et la République fut proclamée.
Sous la Convention. — Il ne devait bientôt plus être possible
de jeter des ponts au-dessus de l’abîme creusé entre
le passé et le présent. La monarchie était renversée; de ce
moment une autre puissance, le Peuple souverain, devait
régner. On vit dans le pauvre Louis XVI le dernier obstacle à
la réalisation de ces vœux. Et en expiation des crimes commis
par ses ancêtres, le 21 janvier 1793, le Roi, qui ne manquait
pas de nobles sentiments, laissa sa tête sous le couteau
de la guillotine.
Le souvenir de la royauté fut lui-même complètement
effacé, le nom en fut banni et Louis remplacé par libre.
Le 22 juillet 1793, nous transformâmes par un décret de
la Convention, le nom de Sarre-Louis en Sarre-Libre.
Comme tous les trônes se trouvèrent ébranlés par suite
de l’arrestation et de la mort de Louis XVI et que l’in-Îluence
néfaste de la Révolution française menaçait, au delà
des frontières, de gagner tous les peuples, les puissances
de l’Europe s’unirent et voulurent arrêter le mouvement.
Près de nous, dans les principautés de Sarrebrück, de
Deux-Ponts, et dans l’électorat de Trèves, on demandait
déjà les réformes que le peuple français s’était acquises.
En Belgique et dans les Pays-Bas éclatait la révolte et
sur le Rhin les soldats de la liberté étaient reçus à bras
ouverts.
Et pendant que la funeste lutte entre les Jacobins et les
Girondins entretenait parmi le peuple une effervescence
continuelle alors que la province n’était pas moins ébran-1)
Valmy 20 septembre 1792.