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faiblesse du roi et de la résistance inhabile de la cour et
des émigrés, ne fit que grandir. Le passage du sublime
au rationalisme le plus accusé se produisit rapidement.
L'esprit subversif des hommes exaltés contamina la masse
et transforma les idées du peuple en un chaos incompréhensible.
La passion et le danger constant élevèrent parfois
le peuple jusqu’aux vertus les plus hautes, parfois le conduisirent
aux crimes les plus honteux; pour ainsi dire
on n’obéissait plus qu’à l’instinct.
Le 20 novembre 1791 fut ouvert le premier club révolutionnaire
à Sarrelouis; le réfectoire du couvent des Augustins
servit de salle de réunions. De même que ceux de
Paris exercèrent leur action sur l’Assemblée nationale, le
club de Sarrelouis influença l’attitude de l’administration
et les idées des habitants. Les affaires les plus importantes
de l’État furent examinées par tous et par chacun.
Des partis se constituèrent et se combattirent et la Révolution
fit ici des progrès qui ne différèrent de ceux réalisés
à Paris que par leur échelle de grandeur. Deux de ces partis,
qui se dressèrent violemment l’un en face de l’autre, dominèrent
bientôt tous les autres. Les uns dont l’esprit correspondait
aux idées vraiment révolutionnaires et républicaines
portèrent le nom bizarre de « Horrassa ». Aux
autres, monarchistes encore, mais rendant hommage pourtant
à un progrès modéré, la masse toujours prête à la
raillerie donna le surnom burlesque de « Schnabeliner » (1).
Pendant ce temps, l’ennemi pénétra dans le pays, s’empara
rapidement de quelques places fortes et s’avança
jusqu’en Champagne (2). Paris était menacé, la liberté
du peuple en péril.
Pourtant à l’appel : « La patrie est en danger », vieux et
jeunes coururent aux armes et opposèrent à l’invasion un
rempart protecteur. Les volontaires se groupèrent en ba-11)
de Schnabel : bec.
2) Prise de Longwy (23 août 1792), Investissement de Verdun (30 août!