1
4
instant dans un sentiment de joie pour former un grand
ensemble. Le passé fut oublié et on ne pensa qu’à un présent
satisfaisant et à un avenir heureux.
Par un décret du 2 décembre 1789 les couvents furent
fermés, les vœux annulés et les biens du clergé mis à la
disposition de l’État. Pourtant les moines ne quittèrent
pas tout de suite leurs établissements car ce décret, provisoire
encore, avait besoin d’une confirmation et on espérait
qu’une modification serait apportée par ce même clergé
qui avait proposé le décret.
Pourtant, en août 1790, quelques paragraphes furent
déjà appliqués. En ce même mois, la municipalité de
Sarrelouis fit parvenir aux couvents des Augustins et des
Capucins ainsi qu’aux abbayes de Loutre et de Wadgasse
une note par laquelle une commission nommée par le directoire
du district aurait à demander auxdits couvents et
abbayes, conformément à un nouveau décret, de procéder
à un inventaire des biens existants et lors d’une réunion
du chapitre, de délier de leurs vœux religieux ceux qui
désiraient rentrer dans la vie civile. En même temps était
reconnue à cette commission la direction des couvents
et des abbayes précités pour toutes les affaires civiles ou
criminelles. Le 16 août, l’abbé de Wadgasse Dom Bordier
accusa réception de la note et attendit la commission. La
baronne de Neuenstein abbesse de Frauloutre, annonça
écalement le 18 qu’elle était prête à la recevoir.
L’abbé de Wadgasse refusa de reconnaître la commission
pour les questions de police et d’une manière générale,
essaya de se soustraire à l’influence de l’autorité civile
en défendant lui-même ses droits devant l’Assemblée nationale.
Le 1er septembre eut lieu une contre-protestation
de la part de quelques membres du couvent, qui affirmèrent
que l'opposition de Dom Bordier n’était nullement
approuvée par la communauté attendu que le chapitre
n’avait été ni rassemblé ni consulté et que, sans son assentiment,
les démarches de l’abbé ne se justifiaient pas.