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faveur du Roi, elle se mit alors à languir complètement.
Le commerce, qui ne mérite plus alors que le nom de trafic,
ne nourrissait plus que difficilement son homme. L’industrie,
totalement ébranlée à sa base, dépérissait d’autant
plus que Sarrelouis ne pouvait plus être une place fréquentée
par les étrangers, remplie d’acheteurs lors des
marchés. Le commerce disparut entièrement; l’industrie
se contenta de la consommation intérieure et chercha plus
tard les marchés d’autres villes. Quelques habitants s’orientèrent
bien vers la culture des terres mais les mauvais
rapports qui existaient alors entre la noblesse, le clergé
et le peuple au sujet de la possession du sol, paralysaient
trop cette branche de la production pour lui permettre de
se développer comme il aurait convenu.
L’esprit et le caractère des habitants se ressentirent
également des rudes coups de la destinée. Autrefois, prêts
à accueillir volontiers chacun dans leurs murs, ils faisaient
maintenant des difficultés quand ils devaient accorder à
d’autres ce qu’ils considéraient comme la source de leurs
moyens d’existence et leur propriété. L’édit de 1714, qui
eut comme conséquence l’expulsion des juifs, fut très
bien vu par eux; ils se tinrent opiniâtrement à cette ordonnance
et se défendirent plus tard de toutes leurs forces
contre les nouveaux arrivants.
On peut se faire encore une idée plus nette de l’état
d’esprit qui régnait alors en prenant en considération ce
qui suit. Par suite de la pauvreté et de l’isolement, l’intelligence
du peuple sombra et céda le pas à une manière
de voir sinon bizarre à cette époque tout au moins singulièrement
étroite. Il nous est facile de voir combien la
Superstition obscurcissait l’intelligence dans le passage cidessous
extrait d’un manuscrit de la bibliothèque publique
de Metz :
« Le jour de saint Antoine 1722, il arriva à Sarrelouis
une histoire fort surprenante, comme l’on verra par ce
récit : Le soir dudit jour, 7 janvier, les portes de l’église