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laissé 2.000 hommes comme garnison à Sarrelouis se rendit
en Alsace.
Quoique cette campagne devait être très importante
d’après le plan des alliés, et que Marlborough se fût trouvé
avec 70.000 hommes en face d’une armée de 30.000 hommes
plus faible, la fortune de ce chef d’armées, toujours
victorieux jusque-là, se brisa en première ligne devant les
murs de Sarrelouis et les tranchées du camp de Villars.
La nouvelle forteresse qui, entièrement entourée d’eau, opposait
à l’attaque des Anglais les constructions géniales de Vauban,
dans l’intérieur des murs de laquelle une foule de bouches
à feu attendaient les assaillants, ne permettait à ceux-ci
qu’un encerclement. Des hauteurs du Limberg où Marlborough
avait ouvert un retranchement, il contemplait à ses
pieds tous ces obstacles qui restaient pour lui insurmontables.
Comme il dut se retirer après toutes ces tentatives inutiles,
Sarrelouis prouvait qu’il avait bien l’importance qu’on
lui accordait et l’article 32 du traité de Ryswick n’avait
pas peu contribué alors au salut de la France.
Après l’échec de cette campagne, pendant longtemps,
rien d’important ne se produisit plus dans notre région
jusqu’en 1710 où quelques colonnes mobiles allemandes
inquiétèrent et infectèrent le pays. Elles avaient leur quartier
général à Geisloutre (1) et de là importunèrent beaucoup
les habitants de Sarrelouis en capturant et rançonnant
les bourgeois qui étaient en voyage.
Le 6 mars, elles prirent ses deux chevaux à un certain
Laurent qui voulait conduire du pain au poste de Hilbringen.
Alexandre Legrand, commerçant à Paris, qui
voulait se rendre de Sarrelouis à Metz, fut arrêté par une
section d’infanterie et de hussards près du Felsberg ainsi
que son compagnon Pierre Bruck, maître de poste. Le
premier, muni d’un passeport, fut relâché mais dut payer
60 écus (2) de rançon pour l’autre. Jacques Vederin, maré-(1)
Actuellement Geislautern.
(2) Écus de Prusse.
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