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puissance de l’Europe entière qui, de tous les côtés s'était
précipitée sur la France, était enfin brisée.
La bataille de Fleurus que le maréchal de Luxembourg
gagna sur les alliés, rendit impossible de nouvelles entreprises
de l’armée impériale sur le Rhin. Les victoires de
Neukerke et de Nerwinden découragèrent les Hollandais.
En Espagne et en Italie, Catinat triomphe; la France conservait
le dessus. Sur terre et sur mer, la fortune lui était
favorable, seule la rencontre navale de la Hougue affermit
la puissance de l’Angleterre et la marine française
y trouva alors un tombeau. Pourtant toutes ces victoires
épuisèrent également les forces de la France et la paix fut
désirée de tous côtés.
Le 9 mai 1697, par l’entremise de la Suède, les négociations
commencèrent au château de Ryswick.
Quoiqu'il sortait vainqueur de ces guerres, Louis XIV
abandonna cependant la province annexée par le procédé
des réunions et rendit la Lorraine à son duc. Mais il ne se
montra pas si conciliant en tout. Après avoir reconnu le
roi d’Angleterre et conclu avec lui et la Hollande une paix
séparée et rendu les Pays-Bas à l’Espagne, il ne restitua
pas Strasbourg et Fort-Louis malgré toutes les réclamations
de l’Empereur allemand et des États de l’Empire et
exigea que le duc de Lorraine lui reconnût la possession
de Sarrelouis et de Longwy.
Après de longs préliminaires la paix fut enfin signée
le 30 octobre 1697 et la ruine de Sarrelouis commença.
L’article XXXII du traité
«Néanmoins Sa Majesté Très Chrétienne se réserve la forteresse
de Sarrelouis avec la banlieue d’une demi-lieue de tour,
qui sera désignée par les commissaires dudit Seigneur-Roi et
dudit Duc, laquelle forteresse et sa banlieue demeurera à Sa
Majesté Très-Chrétienne, en pleine souveraineté à perpétuité.»
enleva toute ressource à Sarrelouis et ce n’est que dans la
période suivante que nous pourrons mesurer les conséquences
que ce rude coup devait avoir pour notre ville.