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ruinés furent écrasés d’impôts et de taxes de toutes sortes,
la France perdit toute chance de gagner les cœurs dans
cette région et plus que les horreurs et les dévastations des
guerres cela fut la cause des imprécations qui, à cette époque,
et plus tard encore, furent proférées contre l’oppresseur.
L’invasion des Turcs en Autriche (1) retarda la guerre
contre la France. Un armistice fut proposé qui durerait
vingt ans pendant lesquels la province annexée par les
chambres de réunion resterait sous la domination française
mais se verrait garantie la Hiberté du culte (15 août 1684) (2).
Bientôt pourtant surgirent de nouvelles contestations
(1688) par suite de la mort de l’archevêque électeur de
Cologne. Louis XIV voulut par la force imposer son candidat
le cardinal Egon de Furstenberg, évêque de Strasbourg,
et envoya son fils Louis de Bourbon, avec 80.000
hommes en Allemagne pendant l’automne de 1688.
Lä-dessus, la diète d’empire réunie à Ratisbonne, déclara
la guerre à Louis XIV et les princes à Augsbourg s’unirent
pour engager l’empire tout entier dans la lutte.
Bientôt l’Espagne, la Hollande, l’Angleterre et le Danemark
entrèrent dans l’alliance: la Savoie et la Suède ellemême
les suivirent. En l’espace d’un an le feu flamboya
dans toute l’Europe (3).
Nous ne voulons pas suivre le cours de ces hostilités car
notre province fut épargnée cette fois parce que l’ennemi
ne put forcer le passage du Rhin.
L’électorat de Trèves fut occupé par les troupes françaises
sous le maréchal de Boufflers et traité durement.
Des ordres sévères furent donnés à la population de l’électorat
qui dut livrer à Montroyal, Luxembourg, Thionville
et Sarrelouis les grains qui n’étaient pas indispensables
à sa propre consommation.
Après neuf longues et funestes années. la redoutable
(1) Le 12 juillet 1683, le grand-vizir Kara-Mustapha arriva sous les murs
de la ville de Vienne d’où l’Empereur s’était enfui.
(2) H s’agit de la trêve de Ratisbonne.
(8) C’est la guerre dite de la ligue d’Augsboure.