Full text : 7.1931 (0007)

176

sur les esprits et les caractères, le commerce et l'industrie.
Dans un pays nouvellement acquis, on pouvait regarder
comme une nécessité de choisir pour centre une localité qui,
non seulement remplissait ces conditions, mais encore était
capable de répandre une influence apaisante sur une contrée
 dont les sentiments n’étaient pas encore très bien
disposés à l’égard du nouveau gouvernement.
Une ville fondée par le maître du pays, qui lui devrait
son indépendance et sa prospérité et serait en droit d’attendre
 encore tout de lui; qui, peuplée par des Français,
serait prête à accueillir dans ses murs toutes les familles
d’industriels originaires de la nouvelle province et qui
ainsi par cette fusion saurait entretenir des sentiments
amicaux dans toutes les parties du nouveau territoire, une
telle localité devait nécessairement être la plus qualifiée
pour devenir un centre et c’est pourquoi on essaya de doter
Sarrelouis de toutes ces qualités.
Par un édit de février 1685, Louis XIV éleva la juridiction
 qui s’y trouvait (Prévôté) au niveau d’une cour de
justice de premier rang (bailliage et siège présidial) qui
réglait en dernière instance les affaires de toute la proromain
 germanique. Telle était cependant la situation que M. Babelon, dans
son mème livre, expose ainsi page 82 :
« Quelque paradoxale que paraisse, à première vue, la proposition que nous
allons formuler, elle est cependant l’exacte vérité historique : dans cette
région la Monarchie française n’avait pas de frontière. Le libre jeu des institutions
 féodales avait créé cette singulière situation de fait, si contraire à
dotre conception moderne des États. C’était, au point de vue du droit existant,
 le plus étrange enchevêtrement territorial; certains domaines se trouvaient
 enchâssés les uns dans les autres, formant comme un jeu de '« puzzle ».
Seul, le morcellement si compliqué des propriétés paysannes dans nos villages
 actuels, peut donner une idée de cet état des terres féodales sur les
confins de la Lorraine, du Palatinat et de l’Électorat de Trèves. »……. « La
France n’était pas achevée de ce côté, si bien qu’après les conquêtes par les
armes et les traités diplomatiques, on assiste, tout le long des xvi1° et xvir®
siècles, à des négociations, des procès, des contestations, des arrangements
amiables entre la couronne de France et ses voisins mosellans ou rhénans,
pour régler des droits de propriété, des servitudes, des plantations de borneslimites.
 Ainsi, il n’est nullement exagéré-de dire que dans cette « olla podrida »
territoriale, véritable -curiosité d’antiquaire, terrain fécond ‘en « querelles
d’Allemand », les frontières d’États se perdaient dans le maquis des contestations
 féodales, dans les « attendus » de procès séculaires pour la recherche
de la condition des terres, »
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.