Tous ces territoires annexés constituèrent à partir de
5e moment une nouvelle province : la province de la Sarre
et Anton Bergeron de La Goupilliaire en fut nommé intendant.
Il fixa provisoirement sa résidence à Hombourg
sur la Blise d’où il dirigeait les affaires de son département
(1).
de Lorraine ont dépouillé votre famille de divers beaux droits de la supériorité
sur les abbayes de Wadgasse et de Frauloutre, de Longeville et Boulay
et divers autres lieux. On en a donné avis au roi, et parce qu’on prétend que
Sarrelouis est bâti sur le fond de Frauloutre, Sa Majesté veut que vous rene
triez dans vos droits et que vous comptreniez tous ces lieux dans votre dénombrement.
« J’ai répondu à M. Ravaux qui vient de me donner cet avis, que vous n’aimiez
pas de vous faire des affaires qui pourraient avoir de longues suites. Sur
quoi il m’a dit que vous vous feriez tort de ne pas vous servir de l’occasion;
zar il doit exécuter les ordres qu’il a du roi de vous donner assignation pour
vous faire condamner de comprendre tout cela dans votre dénombrement.
« Je trouve qu’il ne faut pas négliger cet avis, ne füt-ce qu’en cédant au
Roi les droits que vous avez sur les lieux sur lesquels Sarrelouis a été bâti.
J’ai cru, Monsieur, vous devoir rendre compte sur-le-champ de tout cela
que je n’ai découvert que depuis deux heures. Vous y ferez telle réflexion
qu’il vous plaira, mais je vois bien que de votre gré ou par autorité, il faut
que cela entre dans vos dénombrements. C’est à vous de juger ce qui est le
plus convenable à vos intérêts. »
(1) Il n’est sans doute pas inutile de faire connaître ici l’opinion de
MM. Auerbach et Babelon qui ont étudié de près la politique des chambres
de réunion.
Dans son fivre intitulé : La France et le Saint-Empire romain germanique,
M. Auerbach éerit page 7 :
« La chambre de Réunion du Parlement de Metz eut, pour sa part, la
mission d’établir historiquement et juridiquement, d’après le droit féodal,
les fiefs qui dépendaient des églises de Metz, Toul et Verdun.
« Qu’on ne dise point que cette recherche des fiefs des Trois-Évêchés était
injustifiée parce que les droits suzerains des évêques sur ees fiefs étaient, pour
un bon nombre, inappliqués et depuis longtemps tombés en désuétude. À
chaque page de l’histoire avant la Révolution et dans tous les pays, on voit
tes princes réclamer devant les tribunaux, Pexécution de droits féodaux mézonnus,
oubliés aussi depuis des siècles.
« C’est ce même droit féodal et ces mêmes recherches de titres anciens dans
les archives notariées, qu’invoquent et que pratiquent quotidiennement tous
les seigneurs, petits et grands, de cette époque, pour arrondir leurs domaines.
C’est aux subtilités de ce même droit féodal qu’ont recours tous les chicaniers
de l'Allemagne, tous les juristes aux gages de la chancellerie impériale, pour
essayer de contester, même encore au temps du traité de Nimègue, la validité
de l’acquisition des Trois-Évêchés et de l'Alsace par la France. »
M. Babelon, dans son ouvrage : Sarrelouis et Sarrebrück, p. 88, après avoir
zité lui-même les lignes ci-dessus, ajoute :
t Ce n’était donc pas seulement Eouis XIV qui, par les Chambres de Réunion,
invoquait des droiis historiques et féodaux que nous pourrions, avec