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Du côté des princes de l’Empire, on fit bien entendre une
protestation énergique; cela n’empêcha pourtant pas la
France de poursuivre sa route car les provinces et leurs
territoires lui avaient été cédés avec tous les droits que
l’Allemagne pouvait posséder et avait possédés auparavant.
De la prétention de l’un et de la protestation des
autres surgirent des contestations qui durèrent plusieurs
années mais qui n’eurent d’autre résultat que d’embrouiller
l’affaire encore davantage jusqu’à ce qu’en 1662 les
évêques intéressés refusèrent, sur’ le conseil du Roi, les
investitures d’usage. Les princes de l’Empire qui tenaient
leurs fiefs soit entièrement, soit pour la plus grande partie
de ces provinces et évêchés mais qui depuis des siècles,
autonomes et dépendant directement de l’Empire allemand,
se considéraient comme libres à l’égard de leurs anciens
suzerains, ne crurent pas devoir accepter les conditions
que leur posait l’orgueil de la cour car ils ne voulaient pas
se séparer de l’Allemagne et se placer sous la souveraineté
de la France parce que de princes indépendants ils se
seraient trouvés abaissés au rang de vassaux tenus à l’obéissance.
Enfin, en 1667, quelque temps après le refus d’investiture
par les évêques, fut institué un tribunal d’arbitrage
qui devait procéder à une liquidation de ces contestations
d’investiture mais il n’aboutit à rien parce que la France
ne voulait pas renoncer à ses droits et les princes céder
également quoi que ce fût. On reprochait alors avec raison
à l’empereur Ferdinand ITI de n’avoir pas su mieux assurer
l’intégrité des princes de l’Empire à la paix de Munster.
Pourtant, à la paix de Nimègue alors que l’Empereur
Léopold et les seigneureries de l’Empire avaient une idée
plus exacte de leurs intérêts examinés avec soin pendant
plusieurs années de discussions, la paix de Munster fut
reprise comme base et la clause contestable reconnue sans
changement. Louis XIV s’en sentit naturellement fortifié
dans ses exigences qu’il exposa avec d’autant plus d’énergie.