des places fortes. La ville redevenue lorraine, le château
démoli, c’étaient vingt ans de civilisation française qu’on
effaçait d’un trait de plume.
Il ne semble pas qu’on se soit beaucoup pressé, ni
du côté des Français pour démolir le château, ni du côté
du duc de Lorraine pour prendre possession de la ville.
Barbézieux confia bien à l'ingénieur Le Noir le soin d’exécuter
les travaux de démolition; mais, le 17 janvier 1698,
Le Noir n’était pas encore arrivé à Hombourg. On se préparait,
en attendant les troupes, à évacuer les locaux
qui devaient être démolis et au transport de tout ce qu’on
devait enlever.
Le comte Louis-Crato de Nassau-Sarrebruck ne pouvait
manquer, lui aussi, de faire entendre ses éternelles protestations.
Il s’était adressé à Fumeron, commissaire ordonnateur
de la province de la Sarre; il demandait à reprendre
possession du château, les choses se trouvant au même
état qu’avant l’oceupation française. Fumeron répondit
qu’il pouvait faire tous actes nécessaires pour la conservation
de ses droits, mais qu’il ne pouvait recevoir le
serment, ni faire aucune fonction dans la ville, qu'après
l’entière évacuation. Il se contenta de cette réponse el
Fumeron n’en pouvait faire d'autre. Le comte rétablit
quelques ministres protestants dans ses terres, mais
traita favorablement les curés établis par la France.
Le Pelletier, lieutenant d'artillerie du département,
qu'on attendait pour commencer l'évacuation, était arrivé
le 25 janvier. Il devait s’occuper d’enlever l’artillerie et
les munitions de guerre des places qu’on allait démolir.
H estimait que l’évacuation de Hombourg pourrait être
terminée le 15 mars. L’entrepreneur de la démolition,
arrivé le 24 au soir, prit ses mesures dès le 25 pour commencer
le travail le lendemain; un premier envoi d’artillerie
sortit de Hombourg, se dirigeant sur Sarrelouis le 28.
En même temps, les troupes de l’Électeur palatin occupaient
les places libérées. L’évacuation des troupes fran-