bi
Dès 1690, le château avait pris un aspect imposant; il
restait cependant d'importants ouvrages à exécuter pour
an faire un poste capable d’arrêter l’ennemi, Un mémoire
anonyme, conservé aux archives historiques du ministère
de la Guerre, rend très bien compte de ce qui a été fait et
de ce qui reste à faire. Bornons-nous à signaler les desiderata
formulés par l’auteur : « Le corps du château est
dans le meilleur état qu’on puisse désirer. Mais les approches
sont mal garanties. Le chemin qui regarde la ville
et celui qui, du côté opposé, regarde la campagne, ne sont
pas assez escarpés et se prêteraient à des travaux d’approche.
Les hauteurs voisines qui ne sont qu’à portée de
canon, dominent les bastions et l’ouvrage à corne. On a
élevé des terres pour creuser des fossés, mais on les a
laissées en tas à proximité, ce qui permettrait à l’ennemi
de s’y couler sans être vu et cela, sans essuyer un seul
coup de mousquet. Il est vrai que la maçonnerie du bastion
est prodigieuse. Il y a trois étages de souterrains, etc.
Mais tout cela n’est que de maçonnerie et non de roc
et sera facilement démoli par l’artillerie. » L’auteur du
mémoire, qui a visité en détail toutes les fortifications, est
sceptique sur leur résistance réelle. Il parle en artilleur;
1 prévoit l’emplacement des batteries ennemies; il prévoit
même ce que l’ennem: pourrait faire après la prise
de la ville. En somme, ce travail est d’un homme compétent
qui termine par un avertissement précieux : « On
peut compter que toutes les remarques du présent mémoire
sont choses de fait et qui demandent des remèdes pour
rendre Hombourg aussi bon que le public le croit, sans
quoy un homme mal intentionné qui le connaîtra à fond,
ainsy qu’il y a lieu de croire que le sieur du Fort qui en a
déserté le connaît, pourra donner aux ennemis des
lumières très préjudiciables à cette place et dont ils pourraient
profiter avec succez. Je ne crois pas pour cela que
les ennemis assiègent cette campagne de Hombourg; je
suis même très éloigné de le penser; mais comme ce poste