16
sur Trèves, où il se réfugia le même jour, pour rentrer
ensuite dans ses foyers à Nancy. Il aurait pu faire une
plus longue résistance; plusieurs lettres du maréchal d’Humières
nous apprennent, en effet, que le château, presque
entièrement bâti sur le roc et contreminé, pouvait à la
fois défier l’artillerie et les travaux d’approche.
Mais l’Électeur parut s’incliner devant le fait accompli;
sa conscience d’ailleurs était tranquille.
D’Humières, sieur de La Gardette, gouverneur provisoire
de Hombourg, fut remplacé peu après par Jousseaume,
marquis de La Bretesche, nommé par le Roi.
ul! — L’’Occupation française (1679-1697)
L’occupation française de cette position importante
fut marquée au sceau des idées grandioses de Louis XIV.
Villes et châteaux furent transformés. Le marquis de La
Bretesche, et l’intendant de la province de la Sarre et
pays frontières, Antoine Bergeron, seigneur de La Goupillière,
qui tous deux résidaient au château de Hombourg,
firent exécuter des travaux considérables. Il fallait loger
les administrations civiles et militaires; on leur bâtit de
beaux immeubles et la petite ville en fut agrandie et
embellie. Le château fut fortifié par de nouvelles défenses,
sous la direction d’ingénieurs et d’entrepreneurs habiles;
il prit l’aspect imposant qui convenait à la majesté de son
nouveau maître.
Ces travaux, poursuivis pendant plus de treize années
(1679-1692) attirèrent à Hombourg beaucoup d’ouvriers
et d'artisans étrangers; il en résulta une animation toute
nouvelle. Enfin, les visites officielles des intendants, des
ingénieurs royaux, révélèrent aux habitants la puissance
de Louis XIV et l'intérêt que le Roi leur portait.
Il y avait eu cependant des opposants : le maréchal de
Créquy avait envoyé à Louvois, le 25 mai 1679, une lettre