13
Charles IV, pour tourner la difficulté et assurer le gage
de sa créance sur l’Empire, remit, le 27 juillet 1671, la
forteresse en séquestre entre les mains de l’Électeur de
Trèves, qui venait de signer un traité de neutralité avec
la France. Ce dernier en prit possession immédiatement.
Dès le 29 suivant, en effet, le maréchal de Créquy informa
le Roi, dans une lettre datée de Saarwerden, qu’il venait
d’apprendre le remplacement de la garnison lorraine de
Hombourg par une garnison tréviroise. II donna des détails
dans une seconde lettr® au Roi, datée également de
Saarwerden, le 4 août.
Croonders avait demandé, le 127 août, à Créquy un passeport
pour se retirer à Cologne, avec quelques hommes;
le maréchal l’avait refusé et Croonders était parti seul.
Aussitôt après, les troupes lorraines se débandèrent et
se dispersèrent dans les bois où le comte de Broglie, qui
surveillait la place avec la cavalerie, ne put les poursuivre.
Le baron de Reiffenberg, colonel et commandant à
Coblence, avertit Créquy, le 2 août 1671, que Hombourg,
entre les mains de l’Électeur de Trèves, est maintenant
protégé par l’Empire; il espère qu’en cette qualité les
soldats et les officiers qui retournent dans leur pays ne
seront pas inquiétés par des partis de troupes françaises.
Il nomme, le même jour, Barthélemy Coraziolo commandant
de la place, lequel fut remplacé, dès 1675, par Guillaume
Gottfried von und zu der Heese. Pourtant Charles IV
envoyait encore de Cologne, le 5 novembre 1671, une permission
à Croonders de faire sortir de Hombourg la petite
pièce de canon montée sur son affüt de timon et ornée
aux armes de Mansfeld, pour en disposer à son gré.
L’administration tréviroise, en garantissant la paix,
ouvrit pour Hombourg une période de tranquillité; de 1671
à 1675, les monuments publics de la ville furent réparés
st embellis. Les mouvements de troupes étaient cependant
incessants dans la région; le duc de Lorraine avait
remporté des succès importants en s’emparant de Trèves