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M. Krämer étudie d’abord les époques celtique et gallo-romaine,
puis les invasions alamane et franque. Le second chapitre
est consacré à saint Ingobert, le fondateur possible de
la localité de saint-Ingbert. Malgré le grand nombre d’hypothèses
très savamment étudiées par l’auteur, on ne saurait
affirmer que ceci : Saint Ingobert a vécu vers l’an 600 après
J.-C.; son nom décèle son origine franque; 1l est très douteux
qu’il ait quelque chose de commun avec le saint Imbert d’Auvergne;
rien ne prouve que le saint Ingelbert de Cologne ait
été patron de l’église de Saint-Ingbert : dans les premiers actes
que l’on possède sur cette localité (vers 1174), les appellations
varient de Saint-Ingbert à Saint-Ingbrecht et à Saint-Engilbert.
L'auteur consacre son troisième chapitre à l’histoire politique
de Saint-Ingbert de 600 à 1339 : les gaugraves du Bliesgau,
puis les comtes de Bliescastel se succèdent, ces derniers ayant
pour ministériaux les chevaliers de Saint-Ingbert, dont la race
s’éteint en 1633. Puis, en 1339, le Bliesgau, châtellenie messine
depuis 1284, devient un bailliage des Électeurs de Trèves. De
cette époque date l’extrême morcellement de Saint-Ingbert,
entre les sires de Lôwenstein, de Brücken, de Pallant, de Sayn-Montelair,
de Helmstatt, d'Eltz enfin. Puis en 1622, Damien
de la Leyen est investi d’une partie de Saint-Ingbert. La guerre
de Trente ans a pour conséquence la ruine totale de ce pays,
que les barons et comtes de la Leyen vont s’efforcer, en pleine
tourmente des guerres du xv11° siècle, de reconstruire. La domination
française des « Réunions » (1679-1697) apporte une courte
période de paix, tôt compromise par les guerres de la fin du
siècle.
Enfin, le xvinie siècle donne aux comtes de la Leyen le
loisir d’administrer sagement. L'industrie est véritablement
créée à Saint-Ingbert, où déjà la houille constitue une puissante
ressource. La forge de Saint-Ingbert est construite en
1732; dix ans plus tard on compte quinze mines de houille
aux alentours, et des mines de fer y sont exploitées. En 1754,
une fabrique d’alun, en 1763 une première verrerie, en 1779
une fabrique de noir de fumée, en 1784 une seconde verrerie,
en 1786 une seconde alunerie, telles sont les étapes de la prospérité
industrielle de Saint-Ingbert au xviri® siècle. Malheureusement,
une politique forestière assez tracassière de la part
des derniers comtes de la Leyen, et l’attitude peu loyale des
députés de Saint-Ingbert au cours d’un procès forestier resté
fameux, provoquèrent un mécontentement réciproque : la
tension était forte au début de la Révolution. Les Jacobins