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nieurs prussiens ne se sont pas préoccupés du problème
de la cokéfaction du charbon de la Sarre. La question,
d'ailleurs, était d’importance. Avant et pendant la guerre,
la métallurgie sarroise recevait du charbon sarrois brut
et non lavé qu’elle traitait au lavoir, puis au four à coke.
pour obtenir un produit fissuré, cassant, totalement impropre
à l’élaboration de la fonte dans des hauts fourneaux
de grande capacité, mais qui, à condition de consentir
à une mise au mille un peu plus élevée, pouvait servir
dans les hauts fourneaux sarrois généralement petits. On
avait expérimenté et mis en pratique, notamment à Dillinven,
le procédé consistant à mélanger aux charbons sarrois
soit 10 à 15 % de poussière d’anthracite, soit 20 %
de charbon anthraciteux d’Anzin (Nord), soit du poussier
de coke, le mélange obtenu se prêtant, comme les obserdations
de M. Charpv l’ont confirmé, à la fabrication d’un
coke métallurgique passable. C’est encore dans le Bassin
de la Sarre que les ingénieurs prussiens, recherchant un
produit remplaçant l’anthracite, furent conduits à distiller
des charbons flambants impropres à la cokéfaction et à
mélanger le produit ainsi obtenu avec des charbons gras
en proportion convenable, le mélange devenant cokéfiable.
Mais, ces dernières expériences semi-industrielles ne semblent
guère avoir franchi les portes du laboratoire de Heinitz.
Il appartenait donc aux ingénieurs français d’ouvrir
dans la Sarre l’ère des recherches franchement industrielles,
sans abandonner naturellement le fruit de l’expérience
acquise. Le procédé des mélanges ternaires (charbon maigre
et coke pulvérisé avec fines de charbon gras), qui présente
l’inconvénient d’exiger des apports de charbons étrangers
(fines maigres d’Anzin) au Bassin de la Sarre, ne fut néanmoins
pas abandonné et fut même pratiqué à Dillingen
et à Heinitz. Restaient deux procédés : celui dit de cuisson
progressive ou de double cuisson, indiqué par M. Charpy
et poussé par lui jusqu’au stade de la réalisation semi-