LA “ DÎME LORRAINE ”
On désignait ainsi les impôts en nature dont les villages
lorrains de Zinzing, d’Alsting, de Spicheren et de
Théding étaient redevables à la collégiale de Saint-Arnual.
La grande dime comprenait le dixième de la récolte du froment,
de seigle, de l’orge et de l’avoine. La petite dime
portait, elle, sur le dixième de la récolte des pois, lentilles,
fèves et la livraison du dixième des agneaux et des cochons
de lait. À partir de 1747, la collégiale réclama en outre la
« dime dés topinambours ». Ces impôts n’étaient pas toujours
payés en nature, autrement dit on ne rassemblait-pas
toujours les gerbes dans les champs pour les mener ensuite
dans les greniers de la collégiale. Souvent, les céréales
étaient battues dans les villages, la paille vendue et le
grain seul engrangé. Parfois, la récolte était vendue et la
collégiale percevait sa dime en argent. Elle se décidait
au mieux de ses intérêts. Les autres propriétaires de dimes
procédaient de même.
Vers 1789, la dime rapportait à la collégiale une somme
moyenne annuelle de 2.243 livres. Mais la collégiale n’était
pas la seule propriétaire de la dime tout entière dans les
villages que nous avons cités. À Zinzing et à Alsting elle
en possédait les deux tiers et le curé de Hessling avait
l’autre tiers. A Théding, la moitié de la grande dime revenait
à la collégiale; le curé avait l’autre moitié et la petite
dime tout entière. Quant à la dime des topinambours,
elle revenait entièrement au curé quand les plantations
avaient été faites dans les jardins et pour moitié seulement
quand les plantations avaient été faites dans les champs
(la collégiale percevait alors l’autre moitié). A Spicheren,