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Après la guerre de 1914-1918, la France reprit l’idée de
réunir par une voie d’eau la région industrielle de la Sarre
à la mer. Le canal du Nord-Est, lui aussi fameux par les discussions
interminables qui entravèrent sa réalisation, devait
être prolongé jusqu’à la Sarre. Le nouveau canal
devait partir d’Argancy, point situé entre Metz et Thionville,
suivre la Nied de Condé-Northern à Eblange, gagner
Teterchen par un tunnel de 3 à 4 kilomètres, puis suivre
les vallées de la Bist et de la Lauterbach et aboutir à la
Sarre à Vôlklingen-Wehrden.
Ce nouveau projet présente de très gros avantages sur
l’ancien plan de la canalisation de la Nied : le seuil de Courcelles
est évité; le trajet est considérablement réduit; les
houillères lorraines de Petite Rosselle, de Creutzwald (et
ultérieurement celles de Saint-Avold et de Faulquemont)
sont desservies comme les houillères sarroises elles-mêmes.
Le coût des travaux fut estimé à 87 millions de francs,
valeur de 1914. Leur réalisation serait d’autant plus souhaïtable,
que les chemins de fer ont à peu près atteint la
limite de leur rendement pour l’évacuation des charbons
des mines de la Sarre (1). Mais les moyens financiers manquent
toujours.
Comme le phénix, les projets de canalisation de la Sarre
et de la Moselle renaitront sans doute un jour de leurs
cendres, lorsque les finances des différents États intéressés
seront redevenues florissantes. Il est en effet impossible
que la région sarro-lorraine, qui est sans doute la plus riche
du monde en fer et en charbon, soit écartée pour toujours
d’un débouché maritime. Dunkerque, Anvers, Rotterdam
ou Brême et Hambourg? Projet allemand, français ou
belge? Depuis l’armistice, les Allemands ont relié par
canaux le Rhin à l’Ems et à la Weser. Il est évident que le
premier pays qui pourra ouvrir une communication par
(1) Des projets d’amélioration et d’extension des voies ferrées de l’Est de
la France ont également vu le jour (ligne de Lérouville à Metz par Thiaucourt,
etc.). Que de projets!