2
coke. Les usines sarroises installèrent des succursales en
Lorraine et six des plus grosses firmes de la Rubr les imitèrent.
La Sarre et la Lorraine avaient de plus en plus
besoin du coke de la Ruhr, et les usines de la Ruhr, qui,
maintenant, allaient chercher en Suède un minerai plus
riche, avaient de moins en moins besoin de la minette. Les
Sarrois réclamèrent alors la construction du canal et les
Westphaliens s’y opposèrent.
La résolution du 24 novembre 1903 de la Chambre de
Commerce de Sarrebruek et la séance du 18 janvier 1904
des grandes associations de producteurs du sud-ouest,
montrèrent que, en Sarre, l’unanimité s’était faite sur la
question. Le 7 février 1905, la Chambre des Députés prussienne
invita le Gouvernement à étudier l’utilité et la possibilité
de la canalisation de la Moselle et de la Sarre. Le
ministre assura la Chambre de toute sa bonne volonté et
promit de faire diligence.
Il eut malheureusement l’idée de confier l’examen du
problème à une Commission et, le 15 mars 1909, il dut
avouer à la Chambre impatiente que ladite commission
n'avait pas encore terminé ses travaux. Pour juger en effet
de l’utilité de la canalisation projetée, il fallait s’assurer
que les industries de la Ruhr ne seraient pas, comme elles
le prétendaient, ruinées par la concurrence sarroise après
l’ouverture du nouveau canal. Pour cela il fallait déterminer
exactement le prix de revient d’une tonne de fer en
Sarre et en Westphalie et, par conséquent, choisir les établissements
types qui devaient fournir les éléments du
calcul. Or la commission ne put jamais se mettre d’accord
sur le choix de ces établissements.
Le 9 mars 1910, le Landtag de Prusse reprit la discussion.
Le ministre des Travaux publics, von Breitenbach, déclara
que rien, au point de vue technique ne s’opposait à l’exécution
des travaux. Ceux-ci étaient estimés à 102 millions
de marks. Les recettes espérées pouvaient, sans aucun
doute, couvrir l’intérêt et l’amortissement de cette somme.