D'ailleurs, il parle dans cette lettre comme un ancien
serviteur du roi Louis XIII, qui n’a épargné pour le service
de la France « ni corps ni bien » et qui « a l’honneur
de l’alliance » de Louis XIV.
Rothelin, résident de Hesse à la cour de France, doit
exposer plus amplement sa requête; mais Jean-Louis
écrit par surcroît au ministre Le Tellier pour demander
son assistance : « Au lieu d’assistance et soulagement,
selon les alliances, promesses et ordres du Roi, je suis
supprimé, délaissé et plus mal traité que jamais. »
Il semble bien aussi qu’il ait intrigué dans la région,
suivant les habitudes des guerres de cette époque où les
coups de main étaient fréquents, presque toujours dus
à l'initiative individuelle de chefs subalternes que l’on
pouvait désavouer en cas d’échec. Pour forcer la main
au Roi de France, il aurait fait entrevoir à un aventurier
français la gloire d’une attaque de Hombourg : le capitaine
Lavarède, écrit de Saint Jean-de-Sarrebruck, le 16 août
1645, au ministre pour lui faire proposer de bloquer Hombourg
avec des troupes voisines et de prendre aussi Deux-Ponts
et Saint-Wendel. On pourrait, affirme-t-il, se rendre
maître de Hombourg en trois mois « quoique la place soit
aussi forte que La Mothe et plus difficile à attaquer ». Il
attend des ordres. Les ordres ne viennent pas. Mazarin
avait fort à faire par ailleurs.
Le duc de Lorraine conserva Hombourg. Un des articles
du traité de Westphalie (24 octobre 1648) restituait au
comte de Nassau-Sarrebruck le château avec l’artillerie
et le mobilier. Mais le traité fut bien mal exécuté en Lorraine.
Le duc Charles IV, tenu à l’écart des négociations,
refusa de le reconnaitre comme valable. Il ne licencia pas ses
troupes et continua à les loger dans les châteaux de Bitche
at de Falkenstein, puis dans les châteaux qu’il occupait
indûment, ceux de l’Électeur de Trèves à Hammerstein sur
le Rhin, Hombourg au comte de Nassau, Sarrebruck, et
Landstuhl, près Kaiserslautern, aux barons de Sickingen.