209
devint très important. Les produits coloniaux hollandais
remontaient la rivière et, de Sarrebruck, gagnaient le Pala-Linat,
le Hunsrück, la Lorraine, l’Alsace et la Suisse. À la
descente, des bateaux pouvant transporter 35 à 40 tonnes,
parfois même 80, emmenaient vers la Moselle et le Rhin
des pierres à bâtir, du verre, du sel amené de Dieuze par
voitures et, naturellement, surtout du charbon.
Vers 1600, un entrepôt, qui servait aussi de port d’embarquement,
avait été créé à peu près à l’entrée du port
actuel de Malstatt. I] fut appelé « Kohlrech », puis « Kohlwaage
». Par la suite, des firmes importantes se constituèrent
pour faire le commerce de charbon : les Rôchling,
les Karcher, les Bôcking. Comme la Sarre n’était navigable
qu’au printemps et qu’à l’automne, ces maisons ouvrirent
de nouveaux entrepôts sur la Moselle, le Rhin, la Lahn et
le Main, qu’elles emplissaient de charbon pendant la saison
de navigation et qui se vidaient ensuite peu à peu. En 1770,
un deuxième port d’embarquement fut créé à Louisenthal,
puis d’autres à Gersweiler, à Clarenthal, à Ensdorf.
La Révolution française porta un rude coup à ce commerce,
mais dès que l’ordre fut rétabli, il reprit avec plus
d'intensité encore, car les douanes des différents États
rhénans avaient disparu avec eux.
La navigation devint particulièrement intense au début
du x1xe siècle. La Kohlwaage expédiait, à cette époque,
10.000 tonnes de charbon et de coke, Louisenthal, 30.000.
Les gisements de fer de la région s’étant épuisés, les -établissements
métallurgiques firent venir par eau du minerai
de fer de la Lahn et du Luxembourg. De 1845 à 1847, un
service de bateaux à vapeur fonctionna régulièrement entre
Sarrebruck et Sarrelouis.
Mais l’agrandissement de la capacité des navires du
Rhin. l’économie et, partant, la diminution des frets,
résultant de l'emploi de la vapeur, eurent pour effet de
détourner le commerce de la route de la Sarre; Palatinat,
Alsace et Suisse se ravitaillèrent par le Rhin. L'ouverture
ANR