LE DEUTSCHMÜHLENWEIHER
L'Etang s’est entouré de calme et de mystère
Sous le branchage épais de vieux saules touffus,
Et ces arbres courbés vers lui, comme en prière,
Paraissent murmurer de vagues orémus.
I! aime à contempler, éternel solitaire,
Leurs fronts tantôt verdis, tantôt dorés ou nus,
Et, pour mieux leur cacher l'hivernale misère,
Il se couvre de gel quand ils sont dévétus
Aux baisers du zéphyr que le printemps rappelle
Il se fait miroir bleu, reflétant la dentelle
Que les bourgeons éclos découpent au ciel our
Tandis que dans les joncs, parmi les herbes folles,
Auprès des papillons menant leurs farandoles,
Danse la libellule au corselet d'azur.