[70
thard d'Avesnes octroyait aux habitants de Bliescastel
leur charte de franchise (1), voulant les attirer à lui.
Cependant le duè avait auparavant obtenu que l’évêque
s'engageât à ne pas considérer comme hostiles à son égard
les revendications qu’il élevait vis-à-vis du comte de Salm
dans la châtellenie épiscopale de Bliescastel. Cette dernière
clause indique bien une manœuvre du duc contre le
comte, dans le but de lier les mains à l’évêque.
Mais Bouchard devina sans doute le piège : dès le début
de 1289, il voulut retirer Bliescastel des mains de Ferri;
relui-ci refusa. Bouchard, dont la situation financière s’était
améliorée, prépara une nouvelle guerre (2).
Dès le 6 février, en présence de l’évêque de Strasbourg
Conrad II de Lichtenberg, Bouchard s’allia au comte
Henri IV de Salm et s’engagea à ne pas faire la paix sans
lui avec le duc de Lorraine. L’évêque de Metz s’allia également
à Henri IT de Werde, sire de Forbach, vassal du duc
de Lorraine pour Forbach, et de l’évêque pour Rechicourt
et Gaubondange. Celui-ci devait être le chef de l’armée messine.
De son côté, le duc de Lorraine s’allia à Thiébaut IT,
comte de Bar, à l’archevêque de Trèves, Boemond Ier de
Warsberg, et à Henri, comte de Blâmont depuis le 26 mai
1287 (3).
L'évêque de Strasbourg ravagea les terres de Ferri III.
(1) Publiée dans Mettensia, 1, n° 217, — Dom CarmET, Notice, I, 169 :
« Un cartulaire tiré de la chancellerie de Vic, intitulé le vieil registre des fiefs,
auquel en la page 113 est une ordonnance de Bouchard, évêque de Metz,
datée du second jour après la fète de S. Mathieu, au mois de septembre 1286,
du consentement de son chapitre, par laquelle, après avoir déclaré qu’il a
acquis pour son évêché Castres sis sus et au-dessous d'une montagne, le
comté dudit Castres et ses appartenances, il exempte les bourgeois de toutes
tailles, à la réserve de deux sous messins, payables en deux termes, à la Saint-Jean-Baptiste
et à Noël, établit les fours bannaux le ban-vin pendant quinze
jours, le droit de marche à volonté, les amendes suivant les usages de Hombourg,
à charge aussi d’être logé et sa suite la première nuit, ete. Et sont tenus
lesdits bourgeois de lui prêter serment de fidélité. »
(2) Dom CALMET, Notice, 1, 51. — Histoire, Il, 396.
(3) Archives de Meurthe-et-Moselle, B. 574, 14. — Dom CALMET, Preuves,
527. 533.