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Élisabeth n'attendit pas l’annulation papale de ce mariage
sans valeur (elle ne devait venir qu’en 1253), pour se
remarier, dès 1238, avec le plus jeune fils du duc Ferri II
de Lorraine : Renaut, sire de Bitche et de Stenay, qui
apparait cette année-là comme comte de Bliescastel.
Les autres sœurs d'Élisabeth, mariées comme elle avant
la mort du comte Henri, eurent le sort suivant : Imagine
épousa Gerlach, seigneur de Limbourg; Adélaïde, Godefroy
d’Arnsberg (et non d’Aremberg); Cunégonde, Engelhardt,
comte de La Mark (+ 16 novembre 1249); Marie,
Fgenolf de Urslingen, comte de Ribeaupierre.
Pour Laurette et Mathilde, le comte Henri avait pris
avant sa mort des dispositions de manière à ce qu’elles
soient investies de ses fiefs trévirois, spécialement la forteresse
de Hunolstein et ses dépendances, et, à cette fin,
il avait résigné ces fiefs entre les mains de l’archevêque
Thierry de Wied, frère de sa femme Agnès de Sayn. L’archevêque,
le 2 janvier 1238, investit Laurette et Mathilde
avec Hunolstein. — Le comte Henri Ir avait pris un grand
nombre d’autre précautions au sujet de sa succession et
avait notamment, semble-t-il, déclaré le comte Henri de
Deux-Ponts son exécuteur testamentaire : du moins ce
dernier en joua le rôle à plusieurs reprises. Malgré ces dispositions
le désaccord était grave entre les héritiers du
comte Henri. Sa veuve Agnès s’unit à ses autres filles contre
Élisabeth; après que celle-ci l’eut chassée de Bliescastel,
elle se retira à Hunolstein, et apparaît souvent dans les
actes sous le nom de « Dame d’Hunolstein ».
À peine investie du comté de Bliescastel en 1238, Élisabeth
revendiqua publiquement tous les autres fiefs dont
son père avait été investi. Elle déclarait, dans l'acte du
26 mars de cette année, que, si elle réussit à entrer en possession
des fiefs que son père a tenus des archevêques de
Trèves et des évêques de Verdun, elle s’empresserait alors
de prêter au prélat messin le serment d'allégeance pour
ces fiefs : c’étaient Hunolstein (Trèves) et Liebenberg