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pas abattre par le destin ou la crainte. Partout cependant
me poursuivait l’âme de mon fils, sur laquelle tout cela
aurait produit bien plus d'impression. Pour moi une dquee
amitié m’est plus chère et la Visitation d’une bibliothèque
m'aurait plus amusé. Mais elle est, comme beaucoup d’autres
choses, un sanctuaire fermé. Ainsi le tempie d’Apollon dut
être jadis fermé pour certain cas et les Muses durent errer
épouvantées dans les bois d’alentour ou habiter, tels des
Troglodytes, dans la solitude des cavernes, ou même émigrer.
Tristes pensées qui firent frémir mon cœur pour l’avenir!
Nous arrivâmes enfin à la Faisanerie, dont le chef me
connaissant bien nous fit tout voir. Mais nous dûmes
éviter de traverser la ménagerie, car le maitre de ce domaine
s’était éloigné à dessein. Ce fut ainsi un voyage
d’agrément à être fatigué, mais qui est accordé rarement
même aux habitants du Carlsberg; après cette visite le
jardinier ducal nous régala de musique et de chants, de
vin du Rhin et de cerises de Smyrne. Il était déjà 7* 30 du
soir quand nous arrivâmes à la maison. »
Les ménageries étaient à l’époque l’ornement habituel
des jardins royaux. Celle qu’abritait la Carlslust dépassait
en ampleur les plus importantes. Elle était, mieux encore
que le parc, l’objet des soins particuliers de Charles-Auguste.
Des émissaires avaient recruté les animaux sur tout
le continent et même au-delà, et si l’on compare le nombre
des espèces rassemblées pendant le court espace de l’existence
d’une telle installation, on demeure surpris de la
variété des sujets et des soins déployés pour arriver en si
peu de temps à un tel résultat. Mais pour décrire cette
« merveille », cédons de nouveau la plume au narrateur (1)
qui connut l’insigne faveur de pénétrer dans cet enclos
enchanté :
« Le Duc nous conduisit dans la Karlslust, que je vis
pour la première fois, bien que j'eus travaillé aux plans des
(1) MANNLICH, Mémoires, d'après le texte publié dans les W, G. de 1909.