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sous-sol à nu. L’inégale friabilité de la roche et ses stratifications
avaient transformé la petite nappe liquide en une
poussière d’eau (Staubbach) (1). Le heurt cristallin des
mille gouttelettes éparpillées, entrechoquées, formait jusqu’en
bas un susurrement amplifié par l’écho. En face de
cette chute, sur la rive opposée, s’élevait un pavillon. C’est
de ce dernier que le duc avait convié ses nombreux invités
à jouir du spectacle d’un formidable et féerique feu d’artifice
donné le 19 décembre 1785, en l’honneur du mariage
du prince Maximilien, frère du duc, avec la princesse Marie-Wilhelmine
Auguste de Hesse-Darmstadt. La grandiose
allégorie pyrotechnique se termina cependant tragiquement
par suite d’un mépris évident et téméraire des
précautions élémentaires de sécurité. Une explosion
formidable causa la mort du chef artificier et de onze
autres soldats et artisans (2).
Ce n’était pas seulement une consonance heureuse qui
avait valu au parc le nom de « Carlslust » — ce n’était plus
l’expression d’un agrément tout neuf ressenti les premiers
jours, lors de la découverte de cette solitude idyltique,
— c'était, en fin de compte, toute la satisfaction d'une
conception réalisée, que renfermait cette appellation.
Par une sorté d’égoïsme farouche, d’orgueil de la possession,
Charles-Auguste avait interdit l’accès de son pare.
On s’exposait au courroux déchainé de Son Altesse en
S’aventurant dans cette enceinte sacrée. Il semblait au
maître que la beauté de ces ombrages aurait été souillée
pour avoir été contemplée par d’autres yeux que les siens
ou ceux des privilégiés, conviés par lui seul, à admirer ce
décor, Il n’y avait dans cette exclusivité maladive rien qui
puisse étonner de la part d’un prince aussi fantasque.
N’avait-il pas interdit l’accès des écuries à son .écuver
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(1) AULENBACH, Aus sonnigen Tagen, p. 472.
(2) Mouiron, Geschichte einer Fürstenstadt, p.491. Les détails de cette catastrophe
ainsi que le récit des fêtes données à l’occasion de cette union prinzière
seront donnés dans la troisième partie de cet ouvrage.
JARRE