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gravier de différentes couleurs, roseraie de la duchesse
où, dans la contemplation de ses fleurs préférées. la délaissée
venait oublier son infortune (1).
L’ « allée des pommiers » (Apfelallee) menait aux confins
du parc — presque à « la fosse aux ours ». Si le temps
était clair, Son Altesse s’arrêtait à la « mosquée »; des
étages superposés de celle-ci la vue dominait le massif
montagneux d'alentour, même à l’est vers la « Sickinger
Hôhe » et vers Landstuhl, au-dessus des dômes de verdure
du « Vierherrenwald » (2).
La richesse en sources de la contrée n’avait pas moins
été mise à profit pour embellir la « Carlslust ». Des fontaines
sculptées, des grottes avec coquillages, des bassins apporlaient
dans le silence des taillis et des charmilles le murmure
vivant de l’eau qui fuse et qui coule. Dans la « vallée
du cerf » on retrouve encore les restes d’une cuvette maçonnée
circonscrivant une source, l’ancienne « fontaine
du cerf » (Hirschbrunnen). Une pièce d’eau plus étendue
et dénommée « l’étang des cygnes » (Schwanenweiher)
avait été aménagée au travers d’un autre ravin. Des
murs « cyclopéens » (Cyklopenmauern) de soutènement
ainsi que des voùtes en maçonnerie retenaient les rives
élevées de cet étang artificiel. Des niches de pierre ornementée
(3), des arceaux creusés dans-les murs abritaient
quelques figures mythologiques (4) et les hôtes ailés de ces
lieux. Rapides, les cygnes cinglaient sur l’eau limpide et
fraiche. Dans l’onde les truites viraient, quétant l’insecte.
Ailleurs, du fond d’une crique, une cascade dévalait
sur des blocs de grès rougeâtres; l’érosion v avait mis le
A) AULENBACH, Aus sonnigen Tagen. p. 472-481.
{2) Nom de l’ensemble du massif englobant la colline du Carlsberg, le mcnelon
de la Carlslust et les croupes adjacentes.
(3) FREDERICH, op. cit, p. 16.
(4) Une de ces statuettes, représentant Bacchus sous les traits d’un enfant
joufflu à califourchon sur un boue, se trouve au Musée provincial de Spire,
dans le hall d’entrée. Ge groupe en pierre est malheureusement mutilé en
partie.