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dans les salles silencieuses. On y admirait « des reliques
guerrières de Gustave-Adolphe, de Charles XII, du Prince
Eugène, ‘de Frédéric le Grand et autres grands capitaines,
plusieurs épées « d’exécuteur des hautes œuvres », lesquelles
avaient tranché des centaines de têtes, en un mot, les
armes de toutes sortes depuis l’invention de la poudre jusqu’aux
plus coûteuses et plus récentes » (1).
Avant de clore la liste, déjà si longue, des monuments,
curiosités et aménagements du Carlsberg, il semblerait,
au lecteur peu familiarisé avec les usages du xvirr° siècle,
qu’un des attributs ordinaires des résidences princières
eût été omis: je veux parler de la chapelle. Si, au cours du
siècle précédent, cet édifice constituait encore, au milieu de
leurs masses architecturales, le fleuron des châteaux et
des palais, on ne tarda pas à observer, et par une consé-Juence
logique, avec la décadence de la religion dans l’esprit
des hautes classes, l’importance décroissante accordée à la
maison de Dieu dans les gracieuses demeures du x viT1° siècle.
D'ailleurs, bien avant la date à laquelle les travaux commencèrent
sur le Buchberg, les théories du « philosophe
de Ferney », celles du « grand Jean-Jacques » et
les séduisants systèmes des Encyclopédistes avaient déjà
conquis le siècle. Charles-Auguste, descendant d’une nombreuse
lignée d’ancêtres luthériens, était catholique de
naissance, par suite de la retentissante abjuration de son
père, le prince Frédéric de Deux-Ponts, dont la conversion
avait été le fruit de longues méditations. Par contre, le
fils d’un prince aussi préoccupé de son salut vivait en
épicurien de son temps. L'église paroissiale de Hombourg
lui avait longtemps paru suffisante pour ses dévotions
ainsi que pour les différentes cérémonies religieuses de
la cour et les solennités accoutumées. Ce ne fut que dix ans
après la pose de la première pierre du Carlsberg, le 14 dézembre
1787, qu’eut lieu la bénédiction inaugurale d’une
1} Mannuicn, texte des W. G. de 1909.