avec soin, des minéraux les plus divers, les herbiers, les
différentes espèces du règne animal, les oiseaux empaillés
au nombre de plus de 1.200 variétés (1), le musée ducal
abritail toute la série des instruments scientifiques connus.
les microscopes,les télescopes, les loupes, longues-vues et
autres appareils d’optique voisinaient avec les machines
électriques (2), la machine à faire le vide, les hygroscopes
et les bouteilles de Leyde. Dans de magnifiques vitrines
sculptées, disposées autour des salles, un bric-à-brac
d'objets hétéroclites, mais cependant ordonnés par catégorie,
apparaissait derrière les « grandes glaces coulées
d’une seule pièce » (3) — dont la valeur à cette époque
décelait un luxe royal. On pouvait aussi admirer une
importante série de « grandes et de petites perspectives
anglaises des plus variées et des meilleurs artisans » (4).
La monomanie de la collection avait poussé Charles-Auguste
à étendre davantage encore le champ de ses coûteuses
fantaisies. Les choses rassemblées au Carlsberg
dépassaient le cadre des habituels « cabinets d’histoire
naturelle et de physique »; les plus inattendues côtoyaient
les plus communes. Entre toutes, certaines séries se distinguaient
par la valeur des pièces qu’elles comptaient;
c'étaient celle des cannes en bambou, la plupart garnies
de pommeau d’or, de pierreries et autres matières précieuses
(5); celle des montres de poche et de leurs chaines,
en or ciselé ou gravé, enrichies de perles, de diamants (6),
ou par ces fines plaques de porcelaine peinte et décorée
de sujets pastoraux; celle des tabatières, en écaille incrustée
d'or, en nacre, en bois des îles, ete, ete, « des facons
{1} MavsLicH, Ile édit, p. 436.
(21 D'après les annonces insérées dans l’Inteiligenzblatt de Mannheim
du 12 juin 1795 à l’occasion de la vente des biens constituant la succession
de Charles-Auguste.
(3) Mavsuien, Ile édit. p. 436.
(4) Intelligenzblau de Mannheim du 12 juin 1795.
{5) Idem.
(6) Idem.