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saurait être question de donner dans le cadre de ce chapitre
une description complète des appartements du château
ainsi que de leurs emplacements respectifs; un pareil
travail serait d’ailleurs ‘malaisé en l’absence d’inventaires
d’état des lieux et même des plans d’édification. Aussi
nous bornerons-nous à parcourir les pièces les plus originales
et les plus importantes dont les Mémoires de Mannlich
nous ont conservé une peinture aussi précise que fidèle.
V. — Les collections du Carlshberz. — La chapelle.
Le nombre des tableaux accumulés au Carlsberg par le
collectionneur versatile et impénitent qu’était Charles-Auguste
n’avait pas tardé à s’accroître d’une manière
disproportionnée, comme il était d’ailleurs de règle lorsqu’il
s'agissait des diverses manies de Son Altesse.
Les murs des salles et des antichambres disparaissaient
sous la multitude des toiles juxtaposées et cette profusion
ne manquait pas d’attirer soit aux courtisans, soit à la
domesticité maints reproches et maintes turpitudes.
« Attention aux tableaux! » répétait-on à la ronde à l’imprudent
qui s’approchait trop près de la muraille ou reculait
son siège par inadvertance. Cette véritable obsession,
nous confie Mannlich, était devenue insupportable à tous,
aussi la Cour entière accueillit avec une joie non déguisée
Pordre donné par le Duc à son Directeur des Bâtiments
d’avoir à établir les plans d’une vaste galerie destinée à
abriter les peintures disséminées un peu partout. Six mois
suffirent pour l’accomplissement des travaux. L’immense
salle mesurait 100 pieds de long et se prolongeait par un
péristyle jusqu’à une rotonde faisant saillie au milieu des
jardins et surélevée de trois marches. Un riche damas vert
à arabesques, tissé à Lyon d’après le modèle conçu par
Mannlich, recouvrait les parois de la galerie. Vingt lustres
de cristal taillé pendaient du plafond et dans les intervalles
des guéridons-appliques en bronze doré soutenaient
des candélabres à six branches. Cent quatre sièges de bois