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créateur officiel du Carlsberg sans rechercher les causes,
qui, loin d’amoindrir sa réputation, permettent de. lui
accorder notre indulgente sympathie et même un peu de
notre admiration.
Fils de Conrad, peintre de la Cour au service du duc
Christian III, puis de Christian FV, Johann-Christian Mannlich
fut lui-même peintre toute sa vie. L’art de son père
et la nature l’attirèrent dès son enfance; il devint rapidement
un bon et aimable artiste, portraitiste et peintre
de genre apprécié. Grâce à Christian IV, «ce protecteur
éclairé des arts » (1), ainsi qu’à la bienveillance du marquis
de Marigny (2), sollicitée par le premier, le jeune Mannlich
séjourna cinq ans (de 1766 à 1771) à « l’Académie française
de Rome ». De là ce goût marqué du classicisme et
les solides principes, fruits de l’étude des toiles des grands
maitres de la Renaissance italienne. Les œuvres picturales
de notre artiste (3), bien que secondaires, témoignent de
son mérite, et si son talent ne s’imposa pas à la postérité,
sa place est marquée entre les coloristes de transition
imbus de Raphaël mais influencés par Boucher.
Ce ne fut pas Mannlich qui ambitionna la charge de
« Directeur des Bâtiments » dont il fut investi en 4776.
Fonction délicate entre tant d’autres, cet emploi entrainait
ipso facto, à la Cour de Deux-Ponts, celui d’architecte
pour les diverses constructions ducales. Nolens volens, il
lallut troquer la palette pour la planche à lavis. Plaisante
°t édifiante historiette (d’ailleurs courante) que celle d’un
prince consacrant architecte son « peintre de la Cour»; la
VOICI :
Christian Ludwig Hautt occupait depuis 1755 la charge
(1) Ainsi est désigné le duc Christian IV dans les dédicaces de plusieurs
‘stampes de l’époque gravées par Lépicié.
(2) Frère de la marquise de Pompadour, avec qui Christian IV entretini
Ine correspondance régulière jusqu’à la mort de l’influente favorite. Le marquis-de
Marigny, « Directeur des Bâtiments du Roi, Jardins, Arts, Académies
èt Manufactures royales » depuis 1751, fit entrer sans difficulté le protégé
du Duc à l’Académie de Rome dont Natoire était alors le direoteur.
(3) En grand nombre à Munich.