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ment où le souci de l’ornementation semble avoir prévalu.
C’était aussi l'édifice le plus caractéristique de l’invention
architeeturale de Mannlich. Œuvre la plus personnelle
de celui-ci, parmi les créations du Carlsberg, la façade de
l’Orangerie s’apparentait complètement à celle de l’Hôtel
de Ville (1) de Deux-Ponts, conçue à la même époque par le
même artiste. L’amour du classicisme, le dédain des
« sémillants caprices du rococo » ont guidé Mannlich dans
l’édification de ces deux monuments; celui qui est parvenu
jusqu’à nous (2), par son ordre dorique un peu
conven-tionnel, et sa ligne grecque abâtardie d’un balcon
baroque, ne témoigne guère d’ailleurs en faveur de la
maîtrise ou de la perfection de son auteur.
De Sarrebruck à Deux-Ponts, en passant par la résidence
de Bliescastel, il n’y avait pas une de ces résidences
seigneuriales (3) qui ne 'füt construite sur ce modèle :
façades plates et froides aux murs épais de moellons reposant
sur de solides assises, revêtement de crépi cachant
la pierre gréseuse du pays, un seul étage recouvert par un
toit à comble brisé et percé au ras de la crête du mur d’une
rangée de lucarnes donnant le jour aux mansardes, fenêtres
toutes identiques, alignées et encadrées de pierres moulurées
avec un cintre léger souvent orné d’un mascaron
ou d’une clé de voûte en saillie.
Pourtant, sans allier le marbre au porphyre ou à la
pierre de taille, les vieux matériaux de la région ne constituaient
pas, par eux-mêmes, un empêchement dirimant
aux trouvailles des artistes. Une question vient alors à
l'esprit : l’architecte choisi par Son Altesse était-il donc
si dépourvu de talent? Il serait injuste de juger ainsi le
(1) Celle façade exécutée d’après les dessins de Mannlich fut commea.cée
en 1780 (Celle de l’Orangerie datait de 1778). MoLITOR. Zweïbrücken Burg
und Stadt, 1879, p. 191.
(2) L'Hôtel de Ville de Deux-Ponts.
(3) Les caves (Æelleret) d’Ernstweiler, les restes des anciennes casernes,
les maisons du « Nouveau faubourg » à Deux-Ponts, les maison des courtisans,
la « Waisenhaus » de Bliescastel, la « maison noble » à Schwarzenacker.
la « Maison Rouge » de Würzbach, etc, etc.