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D'autre part, l’architecte n’avait pu établir aucun plan
l’ensemble, car l’intention primitive de Son Altesse ne
lut pas (nous l’avons vu) de faire surgir du Buchberg toute
la ville nouvelle que nous avons parcourue. Cette idée
grandiose lui vint progressivement à l'esprit. Au surplus,
l’accroissement continu du personnel, des services et de
la domesticité, l'assouvissement des fantaisies ducales,
et le logement des diverses collections, motivèrent peu
à peu ces créations successives s’accolarit à la façon des
faubourgs de nos grandes villes actuelles. La contexture
du plateau détermina enfin la disposition des constructions
suivant son grand axe.
Ainsi se justifie l'absence de cohésion et de symétrie.
Ainsi s’explique la conservation de la modeste maison
lu baron de Closen.
Englobé dans l’ensemble, le petit « Louisenhof » d'antan,
surélevé, élargi, embelli, constituait toujours le cœur de
l'immense château en son état définitif et comme l’em.
bryon d’où ce dernier était issu. Par ce noyau autour duquel
tout avait gravité, le château proprement dit devait
sonserver, en dépit des agrandissements et remaniements
successifs, le caractère > sa destination ancienne, c’està-dire
d’une gentilhommière campagnarde. De même
subsista la « Cour de Marbre », l’âÂme même de notre
Versailles. Versailles ! ce grand nom que les courtisans de la
petite cour bipontine et même des auteurs contemporains ne
craignirent pas d’appliquer au Carlsberg! comme si ce dernier
pouvait soutenir un tel parallèle. Le chef-d'œuvre
de Le Vau, ce joyau de marbre et de fer forgé, cette harmonie
de la pierre et de la brique, s’encadre avec bonheur
dans l’œuvre de Mansard et de Gabriel. Mais, peut-on
décemment comparer cette « oasis du palais cyclopéen »
à la cour d’honneur de la résidence ducale qui, par sa rusticité
et sa plate ordonnance, ressemblait à une cour de
quartier de gendarmerie! Par contre, l’Orangerie, la plus
ancienne bâtisse après le château, fut le seul monu-