hongroise, ornées de leur pompon, la sabretache brodée,
un haut bonnet de feutre noir, avec cordelières blanches,
plaques et plumets complétaient ce brillant uniforme. À
celui-ci appartenait encore un ample manteau blanc et
le sabre de hussard avec fusée richement incrustée et dragonne
de soie et d’argent. La dépense s’était élevée, pour
l’habillement, l’équipement et l’armement de cette faible
unité, à l’énorme somme de 4.340 florins 8 kr. Les maisons
strasbourgeoises auxquelles les diverses commandes furent
passées, établirent aussi les harnais enrichis de coquillages
et de cabochons.
Lorsqu’en 1791, il fallut bien se résigner à réduire les
dépenses somptuaires, les prestigieux hussards furent
sacrifiés. Les chevau-légers les remplacèrent. Cette troupe
— dont le nom remonte au xvi° siècle — venait de réapparaître
sur la scène militaire et jouissait à l’époque d’une
faveur nouvelle, particulièrement en Bavière et dans
PÉlectorat palatin. Les réformes profondes accomplies
dans l’armée de ces États par le « major Thompson » alias
comte de Rumford, et le fameux « système » de ce novateur
avaient contribué pour une large part à cette restauration.
L’uniforme empruntait une partie de ses attributs à ceux
des troupes anglo-américaines, d’où sortait, après y avoir
conquis tous ses grades, le ministre réformateur, le puritain
philanthrope, le savant éclairé dont l’intelligence
incontestée et la personnalité autoritaire s’imposaient à tous.
Charles-Auguste prisait fort ce grand homme au front nimbé
par la gloire et ne lui tint, sans doute, pas rancune d’avoir
manqué à sa promesse, lors de sa visite au Carlsberg. Le
« système Thompson » devait aussi s’introduire dans
«l’armée bipontine ». Une lettre de Lehrbach (ambassadeur
de la Cour de Vienne à celle de l’Électeur Charles-Théodore)
adressée à Kaunitz (1) éclaire d’un reflet bien plaisant
(1) Reproduite sous n° 244, dans ouvrage cité de BRUNNER, Der Humor
in der Diplomatie.