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gardes montantes et descendantes. Le renom du « grand
Frédéric » s’était ainsi accru vers le déclin de sa vie, au
point de susciter des admirateurs et des imitateurs, même
jusqu’en France. L’uniforme étriqué « à la prussienne »,
l’école du soldat, étaient devenus, après la guerre de Sept
ans, ceux de toutes les troupes d’Europe. À la Cour de Deux-Ponts
depuis que l’influence de Frédéric II avait été décisive
dans l'affaire du traité d’échange de la Bavière et
plus récemment encore depuis l’aide financière apportée
par les avances de fonds prussiennes, enfin avec l’entrée
du duc dans la « ligue des Princes » (Fürstenbund) (1),
la France semblait supplantée après avoir tenu pendant
un siècle et demi un rôle incontesté.
Charles-Auguste suivant à nouveau, dans cet ordre
d’idées, le courant d’opinion du temps, avait, en dépit
de la pauvreté de ses. finances, accru progressivement
l’effectif de la garnison du Carlsberg. En 1789 le « régiment
des gardes du corps » (Leibgarderegiment), comme on
l’appelait alors, comptait 1.007 hommes (2). I semble
bien que le projet primitif de construction d’une caserne
pour « 600 gardistes » (3), réclamé à Mannlich dans les
premières années de la fondation du Carlsberg, reçut par
la suite et en conformité des effectifs une plus vaste exécution.
Les mémoires du docile directeur des bâtiments
relatent en effet l’achèvement d’une caserne pour 1.400
hommes et d’une maison pour les officiers. Ces deux énormes
bâtiments achevés vers 1780 (4) formaient en bordure
de « l’allée des marronniers sauvages » les deux maillons
(1) En 1785. Le rôle de la Prusse devenait prédominant, à la tête de cette
première ébauche d’une Confédération de l’Allemagne du Nord. La mort de
Vergennes marqua alors le commencement de la ruine de notre influence
en Rhénanie.
(2) D. BEZZEL, ouvr. cité.
(3) MansuicH, Mémoires, 2e édition, chapitre I.
(4) L'achèvement de ces deux bâtisses doit être fixé à 1780. AULENBACR,
Aus sonnigen Tagen, Ludwigshafen, 1874, p. 474: « Zu Ende geführt wurde
ider Carisberg) im Jahre 1780, so dass noch in demselben Jahre, die seither
m nahen Homburg in Garuison gelegene herzozliche 1500 Mann starke