Full text : 3.1926 (0003)

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II. — La garde du Carlsberg.

Cette véritable calamité n’était pas la seule qu’eurent à
déplorer les sujets de’ Charles-Auguste. La colline du
Carlsberg retentissait encore du fracas belliqueux d’un
vaste quartier militaire occupant toute l’extrémité septentrionale
 de la colline. Il y avait bien déjà, dans l’étendue
 du territoire, une milice à cadres permanents à laquelle
les habitants devaient le service; c’était une sorte de petite
armée mobilisable au premier appel dont l’existence se justifiait
 pour des mesures de police ou le recours à des « voies
d’exécution ». Mais le duc Charles-Auguste aimait trop le
« panache », les uniformes et les parades pour se borner,
en prince de son État, à une garde permanente de quelques
grenadiers. Sans tomber toutefois dans l’excès, relevant
de la pathologie, qui avait poussé son oncle Louis IX de
Hesse-Darmstadt (1) à faire de Pirmasens une reproduction
de Potsdam, Son Altesse considérait l’élément militaire
comme un ornement indispensable. Le Carlsberg, certes,
était encore loin de pouvoir rivaliser avec la résidence du
Landgrave, où, à l’instar des colosses de la Garde prussienne,
 tous les hommes de haute taille qu’il était possible
de raccoler en Europe étaient sous les armes, — où le prince,
lui-même, passait son temps à composer des airs de marche
pour clairons, — où la soldatesque, à toute heure du jour
et de la nuit, emplissait la ville du rythme des pas cadencés,
des sonneries des cuivres et des roulements de tambour des

(1) Marié à Caroline-Henriette de Deux-Ponts, surnommée « die grosse
Landgräfin », sœur de Frédéric-Michel de Deux-Ponts, père de Charles-Aupuste.
Louis IX, landgrave de Hesse-Darmstadt, fonda dans une contrée aride la
ville de Pirmasens qu’il érigea en'cité purement militaire. Bien que la Tésidence
 de ses États fut Darmstadt, il vécut la plus grande partie de sa vie
dans sa ‘ville favorite, au milieu de ses soldats. Je me propose ‘de. revenir
ultérieurement sur cette curieuse figure. — Les renseignements ci-dessus sont
tirés de l'ouvrage si documenté du D' August EBERUBIN, Landgraf Ludwig IX
von Hessen-Darmsiadt und seiner Pirmasenser Kolonte (Deil, Pirimasers)

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