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chevin de village (Schulze), devaient recevoir de leurs
hôtes le « vivre et le couvert » pendant la durée assignée
par le rescrit du prince.
La rage au cœur,. il fallait bien accepter le parasite,
quelquefois méchant, que, par malice ou ladrerie, l’administration
ducale imposait. Malheur au manant chez lequel
l'animal dépérissait ou à la maison d'où il disparaissait.
Ces « dragonnades » d’un nouveau genre étaient certes
moins terribles que les véritables, mais elles permirent
au duc de développer ses meutes exagérément. Des champs
entiers de seigle poussaient pour la nourriture de cette
horde parasitaire.
Chiens courants, chiens d’arrêt, chiens pour le cerf,
pour le sanglier, pour la perdrix, pour les échassiers, pour
le loup, c’était par milliers que ces fidèles quadrupèdes
avaient reçu l’hospitalité au Carlsberg. Il y avait des meutes
pour autant d’espèces de gibier que le Duché en comptait.
Le Duc avait, en plus, constitué une collection de toutes
les races canines; il souhaitait la rendre complète et unique
en se procurant les diverses espèces existantes. Le mème
égarement de collectionneur impénitent lui avait fait
rassembler une « ménagerie de chats dont le nombre —
aux dires d’un contemporain — dépassait toute vraisemblance
» (1). Des chenils différents abritaient chaque genre
de pensionnaires, et aux heures des repas, lorsque les veneurs
apportaient la pâtée chaude à ce peuple bruyant,
c’était une effarante cacophonie d’aboiements dont les
échos se répercutaient au loin. Il avait fallu bâtir des
cuisines où l’on broyait le suif et la graisse pour les cretons,
une boulangerie d’où sortait le pain de seigle noir et mème
un petit abattoir (2).
À toutes ces dépendances s’ajoutait la « maison des
veneurs » située à la suite des grandes écuries.
{1} Quatrième lettre du chevalier von Knigge, déjà citée.
(2) Mouiror, Geschichte einer deutschen Fürstenstadt; RUPPERT, Zweibräcken,
1885, p. 485,