€
Lu
de la digue retenant les eaux du lac, un moulin (1) —
au bord de la prairie — captait dans les aubes de sa roue de
bois la force vive du ruisseau d’écoulement. Puis, au
même niveau et à gauche, à quelques pieds de la chaussée,
s’étendait la longue façade du « Baumagasin », coupée par
un pignon central. Dans ce vaste entrepôt étaient rassemblés
les matériaux de toutes sortes qu'avaient nécessités
les innombrables constructions du Carlsberg. Son existence
s'’imposait encore par les réparations d’entretien
toujours considérables à effectuer, eu égard au nombre et
à la variété des édifices ainsi qu'à leur exposition en plein
vent d’ouest. Le magasin pourvoyait aussi aux fréquentes
demandes de planches, de plâtre et d'accessoires divers
que le théâtre, les fêtes, les bals et les réceptions occasionnaient.
C’était en quelque sorte la réserve d’une « intendance
des Menus Plaisirs ».
Ayant repris sa marche, le professeur dut être attiré sur
l’autre côté de la route par son jeune compagnon qui,
tout à'son émerveillement juvénile, aurait voulu connaitre
encore la destination de toutes les autres bâtisses qu’on
découvrait alors du côté gauche de l'avenue du Carlsberg.
C’eût été trop long de les lui expliquer, tellenient elles étaient
diverses et nombreuses. Aussi, son guide promit de lui faire
admirer toutes celles situées sur le faite de la colline lorsqu’ils
seraient arrivés au sommet du plateau. Du doigt il
se borna à lui désigner les bâtiments allongés au pied de la
colline. Joignant le chemin, la masse des bâtiments agricoles
de la ferme domaniale faisait, par rapport à la route, un
pendant au « Baumagasin. » Les étables, la basse-cour, les
greniers à grains et à fourrages, la bergerie (2), ete. du
« Louisenhof » d’autrefois se trouvaient ainsi relégués au pied
(1) Le moulin n’est pas nommément désigné sur la gravure de Lüder.
Il y figure cependant: c’est la maison isolée, située juste en contre-bas de
l'étang. Au surplus, le moulin est désigné sous le n° 17 sur la gravure a reproduite
dans Bayerland, année 1912, p. 421.
(2) AULENBACH, Aus sonnigen Tagen, p. 481.
SARRE