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des piles de vieux pont se creusaient à l’intérieur de voûtes
énormes (1) où, dans l’ombre, les tonneaux de la « sommellerie
» s’alignaient entre les piliers.
Au milieu de la façade, surplombant ce piédestal, un
avant-corps orné d’un fronton saillait légèrement. De hautes
et larges baies à pleins cintres garnissaient le « bel étage» que
surmontait (selon les plus purs principes de Mansard) un
« attique » aux fenêtres surbaissées. Un clocheton élancé,
s’élevant du faite, rompait au sommet l’harmonie des lignes
classiques de l’ensemble. Cette vaste « Orangerie » avait
été construite dès 1778 (2), c’est-à-dire à l’époque où le
château proprement dit, son voisin immédiat, tendait
vers sa forme définitive. Elle ne le surpassait pas par’
la dimension, mais lui était bien supérieure par son
architecture. Enserrant sur trois côtés une cour intérieure,
l’Orangerie, en dehors de sa destination propre, avait
été édifiée pour servir en même temps d’habitation à la
plupart des courtisans, à ceux, du moins, qui ne possédaient
pas encore une maison de plaisance ou un hôtel
particulier à Homburg.
Les promeneurs avaient déjà parcouru environ les deux
tiers de l’avenue qui les conduisait vers le palais. Les
jeunes peupliers d’Italie (3), jalonnant le chemin en double
file, projetaient leur ombre grêle sur la route ensoleillée.
Le frais paysage charmait l’écolier et son guide. Une crique
assez vaste s’ouvrait dans les flancs du coteau.
D’un bord à l’autre, des arbres, plus nombreux qu’en
tout autre endroit de la colline, s’étageaient en rangs pressés.
Cette crique recueillait, grâce à un barrage établi
(1) Quelques voûtes de l’Orangerie sont les seuls vestiges actuels du
: CarIsberg ».
(2) «… in dem der Herr Her-ag zu Carlsberg wœo Er dermal seinen Aufenthal®
hat ein sehr kostbares Orangerie-Haus anlegen ‘macht)… », lettre de
Lehrbrach à Kaunitz, datée de Mannheim 27 août 1778, citée sous n° 154 dans
5. BRUNNER Der Humor in der Diplomatie und Regierungskunde des 18.
Jahrhunderte, tome 1. Vienne. 1872.
(3) D'après « Homburg », par FRIENERICH, op. cit, p. 12.