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Ramenant les yeux à l’extrême droite de ce vaste tableau
- au point où le plateau du Carlsberg se soude à angle droit
avec le massif enserrant Homburg vers l’est — le regard
était retenu par une tour. Pareille à une pagode, elle émergeait
de la masse sombre du parc. Le duc Charles n’avait
pas manqué, en cela, de suivre la mode de son temps :
celle des tours de porcelaine et des temples du Céleste
Empire (1).
Au bord du plateau, bien à gauche de cette construction
dénommée « la mosquée » (2), un autre bâtiment,
sans étage et humble d’aspect, était une des plus récentes
constructions du Carlsberg. Destinée à abriter les « chevau-légers
» de l’escorte ducale, cette caserne neuve (3)
trahissait par sa pauvre façade la détresse financière dans
laquelle le gouvernement du Duché se débattait en ses
dernières années de son règne.
À quelque distance, en retrait, deux pavillons à étage
se soudaient chacun par une aile basse à un autre pavillon
central, identique à eux-mêmes. Une tourelle surmontait
le toit de ce dernier. C’était le colombier seigneurial
avec « des logements de part et d’autre » pour une partie
du personnel.
Tout proche du colombier, un édifice plus imposant se
haussait sur un socle de pierres grossièrement équarries.
Ces soubassements solides comme ceux des remparts ou
(1) Telle la pagode de Chanteloup à l’intérieur de laquelle Choiseul tombé
en disgrâce fit graver les noms des amis fidèles qui lui rendirent visite.
(2) Cetle construction n’est pas indiquée sur le dessin des frères de Lüder.
Elle figure sur la gravure reproduite sans désignation dans « Bayerland »,
1912, p. 421. La position que ce monument occupe par rapport aux autres
zonstructions ne laisse subsister aucun doute sur son identité.
Cf. « Homburg », op. cit, p. 17 : « Oben auf dem Berge beim Schwanenweiher
finden wir noch einen Ueberrest, wahrscheinlich die Moschee. »
(3) L’édification de cette caserne (désignée sous le nom de « Caserne des
Chevau Légers » sur l’aquarelle des frères de Lüder) paraît remonter au
commencement de 1788. Elle figure sur le plan de 1788: cependant en septembre
1787 (BEZZEL, (leschichie des bayerischen Heeres, tome 4, Munich,
1925, p. 540) la cavalerie ducale avait ses quartiers à Hombourg où la ville
pourvoyait encore à cette dale aux frais de casernement, d’éclairage et
d’entretien.