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couleur l’opinion du peuple pour la résidence de son prince.
Par là s’exprimait la rancœur des campagnards et des
frondeurs de Deux-Ponts qui pensaient avoir payé le
Carlsberg, les uns de leurs larmes et des maux du servage,
les autres de leurs intérêts sacrifiés.
I. — Description du château et de ses dépendances.
La résidence ducale n’était pas, en effet, un simple
château, entouré de ses communs, de ses dépendances et
niché au sein de son parc. Elle formait un ensemble complexe
— un tout capable de se suffire à lui-même — une
cité fermée avec ses palais, ses fabriques, ses casernes,
ses artisans, sa garnison — une ville sortie de terre, selon
le désir du prince, sous la baguette de la fée « Bon plaisir
».
Reportons-nous, par la pensée, aux premiers beaux jours
de 1788 où le spectacle de la colline, vêtue de sa parure
printanière, inspira au jeune Ruppental, « âgé de douze ans»,
élève du collège d’Hombourg, l’idée de fixer sur le papier
une vue d’ensemble du Carlsberg. Après un siècle et demi
environ, l’aquarelle consacrée au château ducal ainsi qu’aux
autres monuments du duché de Deux-Ponts, est aujourd'hui
conservée au Musée provincial de Spire (ÆKreismuseum).
Si cette image dessinée par une main d’écolier
« sous la direction de son maître » (sic) explique, par la
dédicace dithyrambique (1) apposée au bas du tableau, le
but final recherché, nous en trouvons du moins la cause
(1) Voici le texte de cette dédicace, avec toute sa saveur et — son orthographe
:
« Dans toute l’Europe on trouve des vieux monumens. Chaque souverain
à ses propres idées. L'un a choisi la solitude pour son séjour. L'autre un lieu
Pnvironné des prés, bois et eaux, ete. Le troisième a honoré la Déesse Diane
st s’est choisi la forêt pour son divertissement et Récréation. Ce qui démontre
le présent plan. Je demeure dans une Ville proche d’une haute Montagne
sous le nom Carisberg où j'ai vû (1) poser les premiers fondemens avec toute