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cipaux objets de la mission du sieur Pfeffel sera de prêcher
économie à ce prince et de l’engager à faire des réformes. »
Le mémoire remis en mai 1788 « pour servir d’instruetion
au sieur marquis de la Coste, maitre de camp, allant
résider auprès du duc de Deux-Ponts en qulité de ministre
plénipotentiaire de Sa Majesté », donne des renseignements
plus précis encore : « Le dérangement affreux des finances
de ce prince l’a précipité, il y a quelques années,
dans un abime dont la bonté prévoyante du Roi l’a tiré
en lui procurant un prêt de cinq millions et en le mettant
en état, par une augmentation de subsides, d’en payer
les intérêts. Mais cette avance n’ayant pas suffi, le roi de
Prusse vient d’y suppléer au moyen d’un nouveau prêt de
quatre millions de livres. Le Roi a lieu de croire que Son
Altesse Sérénissime mettra dans ses dépenses une modération
et un ordre qui puissent le garantir pour l’avenir
du triste sort qu’il aurait infailliblement subi si l’amitié
de Sa Majesté et celle du roi de Prusse ne l’en avaient préservé.
» Tous ces sages conseils restèrent vains: « l’argent,
détourné par des trésoriers infidèles et mal contrôlés,
ne pouvait suffire aux gaspillages du maître qui, à tout
instant, semblait devoir sombrer dans un gouffre de dettes
usuraires » (1). Les fonctionnaires et employés ducaux
attendirent leurs traitements et émoluments pendant
sept ans, vivant chichement et en abandonnant à des
réanciers sans vergogne un tiers de leurs gages futurs.
Là «Caisse des veuves et des orphelins » elle-même vint
se perdre dans le torrent de cet or disparaissant bientôt
comme l’eau sur le sable. Les riches possessions de Bohème
vendues à vil prix n’avaient procuré qu’un tribut passager.
Les emprunts succédaient aux emprunts, le prince
de Taxis prêta 300.000 francs, le canton de Berne 770.000
florins, cte., etc…
(1) Georges CrossEAN, « La Diplomatie rhénane de Vergennes », Revue
le Paris, 15 octobre 1924,