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la rigueur du climat et même la fantaisie changeante du
duc étaient autant d'obstacles à des progrès plus rapides.
Charles-Auguste, aussi, depuis qu’il résidait au Carlsberg,
se doublait d’un collectionneur passionné dans la
plupart des branches des connaissances humaines : les
sciences physiques et naturelles, la peinture, les gravures,
les armes, les médailles, les chiens, les chevaux, les soldats
même, étaient particulièrement les objets de ses
désirs et de ses soins. Cependant, selon l’époque, sa faveur
allait de l’un à l’autre sans jamais se fixer. Ainsi, après
avoir négligé l’achèvement d’édifices destinés à abriter
ses collections, il faisait reprendre les travaux avec une
hâte fébrile. Mannlich, navré des frais inutiles qu’occasionnait
ce défaut de suite dans les fantaisies de son maître,
s’enhardit un jour à lui en faire la remarque. « Il a certainement
raison, répartit Son Altesse, mais comme je
retrouverais peut-être plaisir à ce qu’il me conseille d’abandonner,
j'aime mieux le faire achever. » (MANNIICH,
Mémoires.)
La réalisation du Carlsberg a nécessité des millions. La
modicité des revenus du Duché et la fortune personnelle
de la maison régnante n’auraient jamais permis une entreprise
d’une telle envergure.
Sans le concours de circonstances qui avaient placé
le duc de Deux-Ponts au premier plan de la politique
extérieure, sa vanité et sa prodigalité n’auraient pu se
satisfaire. La situation embarrassée dans laquelle il se
débattit pendant son règne autorisa bien des espérances
et rendit possible bien des pressions. Le marasme des
finances ducales, les emprunts, la détresse, l’inconséquence
de Charles-Auguste malgré les conseils de la France
se réflètent tout au long dans les Instructions (1) données
par Vergennes et son successeur aux ambassadeurs envoyés
(1) Recueil des Instructions données aux ambassadeurs et ministres de France :
Bavière, Palatinat, Deux-Ponts, par André LEBON. Alcan. Paris.