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l'ordre du départ, mais son influence était-elle encore
assez puissante? — Et puis, l'escalier secret était si commode
pour sauver les apparences !
Ainsi on passa l’été, en attendant la fin de cette
sorte d’exil. Septembre s'achevait, les cigognes qui peuplaient
la vallée au pied de la colline avaient pris leur
anvol.
Les événements de la politique avaient suivi leur cours.
Après une longue « guerre de plumes », le « vieux Fritz »
était entré en lice; dès le 5 juillet 1l envahissait la Bohème
— mais la frontière silésienne est si loin de Carlsberg! —
Depuis deux mois quatre armées se menaçaient dans une
contrée peu étendue; toute l’Europe était attentive à
ce spectacle et guettait le moment où elles en viendraient
aux mains; le temps s’écoulait et le choc ne se produisait
pas.
« Sérénissimus » était maintenant sans impatience; il
se sentait si bien sur son plateau qu’il décida d’y passer
lhiver. I! s’ouvrit bientôt de cette nouvelle résolution à
son entourage. Quelle cruelle déception ce dût être pour
ce dernier et quelle consternation chez les dames surtout !
Avec les premières gelées, les occupants des combles, sous
leur toit d'ardoises, eurent un avant-goùt des maux qu’il
faudrait endurer au cours de l’hiver.
L'installation définitive de Son Altesse une fois résolue,
la nécessité s’imposait de loger et d’établir à demeure la
‘oute des employés et domestiques de tous ordres indispensables
au service du duc et à la marche des affaires.
L’exode des fournisseurs de la Cour, des offices et juridictions
du duché allait commencer au grand mécontenlement
des Bipontins vexés dans leur amour-propre de
sitadins d’une capitale.
C'était comme la vie se retirant de la cité, en même
temps que la ruine de ses marchands et boutiquiers. La
bourgade de Hombourg, si proche de la nouvelle résidence,
avait au contraire vu s’établir une partie de la