Full text : 3.1926 (0003)

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son départ, Son Altesse était de retour dans sa résidence.
Félicité pour sa fière attitude par son épouse, son bouillant
 frère, son entourage, — soutenu par le roi Frédéric,
son conseiller intéressé en cette circonstance, le duc allait
se tourner vers la France dont il avait, de Munich même,
réclamé la protection. « Veuillez, Sire, jeter un regard favorable
 sur nous », écrit-il le 13 février au roi Louis XVI,
— Vergennes, après un silence voulu, et ayant fait approuver
 son projet par le Roi, envoyait le 12 février aux agents
diplomatiques de France à l’étranger, une circulaire démentant
 formellement le prétendu accord de la France
et de l’Autriche au sujet du démembrement de la Bavière
 (1). La situation parut au duc de Deux-Ponts moins
désespérée; une détente s’opéra en son esprit angoissé.
Sur sa colline, parmi les arbres couverts de givre,
offrant un dérivatif à ces préoccupations d’ordre dynastique,
 le Carlsberg semblait attendre les visites de son
maître. Malgré les grands froids, d’autres constructions
reprirent dès mars 1778. L’impatience de Son Altesse ne
connaissait pas d’obstacles et ne souffrit aucune contradiction
 ni remontrance; son ordre bravait les éléments.
« Le mortier gelait dans les auges et sur la truelle des
maçons; on employa l’eau chaude pour le confectionner,
et, afin que le travail ne pût être interrompu,-on alluma
le jour, des fagots de bois le long des murs en construction. »
(MANNLICH, Mémoires.)
Plusieurs fois par jour, souvent même de grand matin,
le duc Charles venait jeter le coup d’œil du maitre. Il ne
cachait pas son contentement et son air calme et serein
ne trahissait rien des appréhensions que suscitaient les
événements. Très tard, comme à regret, il reprenait chaque

coffret. Le duc Charles-Auguste s’en était même paré en vue de les ajuster
\ sa taille, avant la cérémonie officielle de la remise solennelle. La nuit. i
se ravisa… (Voir cette scène dans la IIIe partie, d’après BRUNNER.)
(1) C’est à propos de celte circulaire que Louis XVI dit à Marie-Antoinette :
« C’est l’ambition de vos parents qui va tout bouleverser. »
            
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